4 moyens pour aider un enfant ayant un TDA/H à renforcer son estime de soi

Au fil du temps, les difficultés éprouvées et les réprimandes répétées en viennent à influencer la perception que l'enfant ayant un TDA/H a de lui-même.

Estime de soi et TDA/H

L’enfant ayant un TDA/H adopte souvent des comportements pour lesquels il se fait reprendre à maintes reprises: il bouge trop, il parle trop, il dérange, etc. Au fil du temps, les difficultés éprouvées et les réprimandes répétées en viennent à influencer la perception qu’il a de lui-même.  À ce sujet, le psychoéducateur et orthopédagogue Germain Duclos (1) explique que l’enfant ayant un TDA/H en vient à entamer un monologue intérieur négatif qui détériore progressivement l’image qu’il a de lui-même, ce qui met  en danger ce qu’il a de plus précieux : son estime de soi.

L’estime de soi se définit comme étant le jugement que l’on porte sur soi-même.  Une bonne estime de soi est essentielle pour permettre aux individus de s’épanouir pleinement.  En sachant que l’estime de soi d’un enfant ayant un TDA/H a plus de chance d’être fragilisée, il devient essentiel de mettre tout en oeuvre pour la protéger et la renforcer.  À cet égard, les parents ont un rôle déterminant à jouer. Voici donc quatre moyens qui peuvent vous guider en ce sens.

Formulez des rétroactions précises et spécifiques

Pour renforcer l’estime de soi de l’enfant, le parent doit le supporter dans le travail d’évaluation qu’il fait de lui-même. Le parent peut se donner la mission d’aider son enfant à croire à lui-même de façon réaliste.  Profitez des occasions qui se présentent dans votre quotidien pour aider votre enfant à évaluer l’effet positif ou négatif de ses comportements. Pour ce faire, formulez des rétroactions précises et spécifiques. La psychoéducatrice Suzanne Lavigueur relate dans son livre «Ces parents à`bout de souffle» (2) certaines règles à respecter pour formuler de bonnes rétroactions:

Règles de base d’une bonne rétroaction (Lavigueur, 2006)

  • Donnez une rétroaction immédiatement après le comportement ciblé;
  • Soyez précis et concret en ciblant un élément à la fois;
  • Ciblez un comportement récent et spécifique sur lequel votre enfant peut exercer un certain contrôle;
  • Faites appel à la capacité d’observation de l’enfant. Laissez d’abord votre enfant poser son propre jugement avant de lui dire ce que vous pensez.
  • Équilibrez la proportion des rétroactions positives et négatives (deux positives pour une négative).

Encouragez l’enfant et valorisez ses efforts

Aider votre enfant à avoir une image plus positive de lui-même en l’encourageant. L’encouragement contribuera à déprogrammer le monologue intérieur négatif de l’enfant. Voici quelques pistes à mettre en place pour encourager votre enfant:

  • Au moment où votre enfant se couche pour la nuit, passez un court moment avec lui pour relater trois choses positives qu’il a réalisées au courant de la journée. Soulignez ces bons coups à travers des gestes concrets (J’ai aimé quand tu m’as aidé à préparer le souper.)
  • Fabriquez un mur de la fierté. Utilisez un espace de la maison où l’enfant pourra afficher ses réalisations ou les choses qui le font sentir fier de lui, que ce soit un devoir, un dessin, une photo, une médaille, etc.
  • Évitez de féliciter votre enfant pour tout et pour rien pour compenser le nombre de fois où il se fait réprimander.
  • Par vos encouragements, ne mettez pas l’accent sur les succès et les échecs, mais plutôt sur les efforts pour obtenir ces résultats.
  • Soyez réaliste. Ainsi, vous aiderez votre enfant à prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, ce qui est essentiel au développement de l’estime de soi.
  • Mettez la lumière sur les traits de caractère de votre enfant (ex: courage, délicatesse, etc.).
  • Utilisez différentes formes de messages d’encouragement (3):
Message indiquant que:Formulations appropriées
"Je t'accepte""Tu as fait de ton mieux, c'est tout ce qui m'importe." "J'aime ton style."
"Je sais que tu peux faire mieux""J'ai besoin d'aide pour..." "Tu peux le faire, tu as déjà..."
"Je vois que tu t'appliques et que tu progresses.""Regarde tout le chemin que tu as fais!" "Je vois que ton travail avance bien."
"Je t'apprécie.""Merci, ça m'a vraiment aidé!" "J'ai aimé faire ça avec toi!"

Critiquez de manière constructive

Bien que les encouragements soient fondamentaux, les critiques constructives sont tout aussi nécessaires pour bâtir une estime de soi réaliste.  Voici quelques conseils à suivre pour formuler des critiques constructives qui soutiennent le développement de l’estime de soi:

  • Donnez-vous un temps d’arrêt avant de revenir sur un comportement négatif. Vous serez un bon exemple pour votre enfant et vous risquez de mieux intervenir en étant calme.
  • Utilisez un langage clair et compréhensible pour votre enfant. Évitez d’utiliser un long discours.
  • Commentez le comportement et non l’enfant en évitant le «tu».
  • Ayez des attentes réalistes en fonction des capacités de votre enfant et des progrès réalisés. Ne le comparez pas à d’autres enfants.
  • Finissez sur une note positive. Relancez votre enfant vers une action positive ou mettez-vous à la recherche d’une solution nouvelle.
  • Félicitez l’enfant s’il réalise des progrès suite à la formulation de la critique. Si l’enfant ne progresse pas, reformulez la critique afin de lui démontrer votre constance.

Multipliez les occasions de réussite

L’enfant ayant un TDA/H a plus de chances d’éprouver des difficultés sur le plan scolaire en raison de ses difficultés attentionnelles. Il est donc primordial que le parent s’assure que l’enfant se reconnaisse de la valeur sur d’autres plans, que ce soit dans les habiletés sportives, manuelles, artistiques, ou sociales.  Pour cela, le parent doit amener le plus souvent possible l’enfant ayant un TDA/H vers des situations où il se montrera véritablement compétent. En trouvant ses intérêts, ses habiletés et en consultant votre enfant, vous serez en mesure de le guider vers des réussites!

Références

  • (1) Duclos, G. (2004). Comment développer son estime de soi. Dans F. Raymond et G. Duclos (Éds) Le déficit d’attention et l’hyperactivité en 32 questions. Saint-Lambert : Éditions Enfants Québec.
  • (2) Lavigueur, S. (2006). Ces parents à bout de souffle. (3e éd.). Outremont : Les Éditions Québécor.
  • (3) Massé, L., Verreault, M. et Verret, C. (2011). Mieux vivre avec le TDA/H à la maison. Montréal : Chenelière Éducation

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