Alimentation adaptée = Attention améliorée

Le choix des aliments et l’horaire des repas sont deux facteurs cruciaux lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie des enfants atteint de TDAH et de leur famille.

Marie s’inquiète: la boîte à lunch de son fils, 8 ans, revient souvent avec presque tout son contenu.


Antoine se questionne: sa fille de 6 ans, récemment médicamentée, réclame une grosse collation presque tous les soirs, juste avant d’aller au lit.


Justine est préoccupée: depuis 6 mois son fils, de n’a pas pris de poids.

Marie, Antoine et Justine ont à cœur la santé de leurs enfants, qui ont récemment reçu un diagnostic de TDA/H. Mais ils ne savent plus quoi penser en matière d’alimentation… Que faire?

  • Retirer les aliments riches en sucres ou contenant les additifs et colorants alimentaires?
  • Donner à leur enfant des multivitamines ou des suppléments d’oméga-3?
  • Leur faire suivre une diète très restrictive?
  • Adapter l’alimentation de son rejeton? Serait-ce la solution?

Peut-être! Mais encore, faut-il être en mesure de s’y retrouver!

Additifs et colorants alimentaires

Il y a environ 40 ans, des essais diététiques prometteurs ont été effectués sur les additifs et colorants alimentaires.

Bien que les études sur le sujet soient toujours controversées, elles démontrent que ces substances auraient une influence principalement sur le comportement des enfants d’âge préscolaire.

Pour le sucre, que l’enfant soit atteint ou non de TDA/H, un repas riche en glucides (par exemple, une tartine de caramel, accompagnée de jus d’orange), faible en fibres et en protéines entraînera rapidement une baisse d’énergie et de concentration.

Il est donc primordial de considérer le contexte (par exemple, une fête d’enfants), la quantité et surtout, le type d’aliments consommé par l’enfant.

Aussi, malgré notre vigilance, il est important de se questionner sur la teneur en caféine de certains produits, comme la boisson Mountain Dew..!

D’autre part, une étude a mis en lumière qu’une diète restrictive pourrait améliorer de plus de 50% le comportement des enfants atteint de TDA/H.

Fait intéressant, mais les spécialistes remettent en question la faisabilité à long terme d’une telle diète.

TDA/H, médication et alimentaion

À l’heure actuelle, de nombreux enfants atteints de TDA/H sont médicamentés.

La majorité de ces derniers présentent de la difficulté à se nourrir, surtout à l’heure du dîner, puis ils ont un rebond d’appétit lorsque les effets de la médication s’estompent, en soirée.

Ces enfants sont certes exposés à des carences nutritionnelles.

Le zinc, le fer, le magnésium et certains acides gras essentiels sont ciblés comme étant des éléments qui influenceraient positivement l’attention et la concentration.

Pour aller plus loin…

Le zinc par exemple, est un important co-facteur dans la production de neurotransmetteurs, comme la sérotonine et dopamine, et dans la production d’hormones. En plus, il joue un rôle dans la croissance et renforce le système immunitaire.

Le fer est un micronutriment essentiel à la formation de l’hémoglobine (Hb). Cette molécule, présente dans les globules rouges, contribue à l’oxygénation de l’ensemble des cellules corporelles et conséquemment, du cerveau.

Le magnésium est un minéral qui, par un mécanisme physiologique complexe, contribue à la régularisation de l’excitabilité des cellules nerveuses et musculaires.

Certaines recherches soulèvent l’hypothèse que les personnes atteintes de TDAH auraient des réserves en fer, en zinc et en magnésium, plus faible. On imagine donc un cerveau moins bien oxygéné qui communique plus difficilement avec le reste de l’organisme.

Une alimentation riche en minéraux

Avec ou sans TDAH, les enfants, les adolescents et même les adultes gagnent à intégrer dans leur menu des aliments riches en fer, zinc et magnésium. Voici quelques exemples de mets qui vous permettent de manger une quantité intéressante de minéraux:

Déjeuner
Un œuf à la coque ou un smoothie au tofu mou.

Dîner
À l’heure du lunch, un sandwich au thon pâle ou au végé-paté, des moules fraiches sur des craquelins de grains entiers, des sushis, ou une salade de légumineuses et de quinoa sont de bons choix.

Collation
Un muffin cuisiné avec des céréales enrichies de fer additionné de graines de citrouille, de sésame, ou de chanvre, des noix, des amandes et même des haricots verts, du brocoli ou des chips kale.

Souper
En fin de journée offrir un plat mijoté, un chili con carne, un bœuf braisé full légumes ou un couscous de pois chiches et porc effiloché sont de judicieux choix.

Pour aller plus loin…
Finalement, il faut savoir que notre cerveau est constitué à 50% de cellules graisseuses, de phospholipides et d’acides gras polyinsaturés à chaines longues (20%). L’acide docosahexaénoïque (ADH) et l’acide eicosapentaénoïque (AEP), deux types OMÉGA-3, occupent des fonctions indispensables dans le développement du cerveau et dans la synthèse de neurotransmetteurs.

Des astuces nutritives!

  • Ajouter dans les préparations de galettes, muffins, potage ou sandwichs de l’huile végétale
  • Planifier au menu hebdomadaire au moins deux repas de poissons gras tels que le saumon, les sardines, le flétan, la truite.

Pour tous les nutriments ciblés, l’avenue de la supplémentation est considérée pour réduire les symptômes liés à l’hyperactivité, mais cela ne remplace pas la médication.

Besoin de plus de conseils?
Consultez une diététiste/nutritionniste spécialisée dans le domaine, membre de l’OPDQ.
 Comme chaque enfant vit une situation distincte, une évaluation professionnelle est essentielle pour mettre en place une intervention nutritionnelle adaptée à sa situation qui l’aidera à préserver sa croissance et sa joie de vivre!

Astuces pour se faciliter la vie et optimiser celle de son enfant!

  • Encourager-le à choisir son déjeuner et à s’asseoir pour le savourer et ce, avant de prendre sa médication.
  • Accepter que son enfant réclame une collation en soirée… qui peut parfois ressembler à un 2e souper.
  • Privilégier des aliments nutritifs riches en zinc, fer, magnésium et acide gras essentiels et ce, quelle que soit l’heure de la journée.
  • Cuisiner des plats mijotés réconfortants qui stimulent les sens et l’appétit.
  • Prendre les repas en famille, dans une atmosphère plaisante.
  • Organiser un coin collation dans un tiroir accessible aux enfants et y déposer noix et graines variées, fruits séchés, céréales et craquelins nutritifs, compote de pomme, boisson de soya, lait au chocolat.
  • Inviter l’enfant à participer à la préparation de sa boite à lunch et à la mise en place du repas. Par exemple, mettre la table, couper les légumes, préparer une recette simple, choisir les collations à apporter à l’école.

À retenir

  • Les additifs et colorants alimentaires pourraient avoir un rôle à jouer sur le comportement des enfants d'âge préscolaire.
  • La majorité des enfants prenant une médication pour leur TDA/H présentent de la difficulté à se nourrir.
  • Nous gagnons tous à intégrer dans notre menu des aliments riches en fer, zinc et magnésium.
  • La supplémentation peut être considérée pour réduire les symptômes liés à l’hyperactivité, mais cela ne remplace pas la médication.

Références

  • S.C. Newmark. (2009) Nutritional interventiom in ADHD, Explore : The Journal of Science & Healing, Vol. 5, no 3, pp 171-174.(1)
  • L.M. Pelsser, et al. (2009) A randomized controlled trial into the effects of food on ADHD. Eupopean Child & Adolescent Psychiatry. Vol 18, no1, pp 12-19.(2)
  • Desjardins, K. (2010) À quand le traitement nutritionnel pour soigner l’hyperactivité ? Science en évolution Vol 7. No 3, pp 15-17.(3)
  • (4)
  • N. Sin (2008). Nutritionnal and dietary influences on attention deficit hyperactivity disorder. Nutrition Rewiew Vol 66. no 10, pp 558-568. (5)
  • Konofel et al. (2004) Iron deficiency in children with attention-deficit/hyperactivity disorder. Arch pediart Med : 158, pp. 1113-1115 (6)
  • Arnold et al. (2011). Zinc for Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: Placebo-Controlled Double-Blind Pilot Trial Alone and Combined with Amphetamine. J Child adolesc psychophamacol 21 : 1-18. (7)
  • Ordre professionnel des diététistes du Québec (8)
  • Bourdages, M-H, Dt.P., Gingras, Annie, inf. (2013). Bien manger, c’est brillant! L’alimentation chez les enfants atteints d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Document préparé grâce à une subvention des laboratoires Abbott.
  • Thibault, Louise (2013) Nourrir son cerveau, manger intelligemment. Éditions de l’homme. 200 pages.

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