Bal des finissants: nos ados en ont gros sur le coeur

On en parle depuis plusieurs semaines déjà et maintenant, ça y est, nous en sommes véritablement à la fin de l’année et nos ados se préparent à vivre de belles et grandes émotions! Le bal, qui n’aura pas lieu cette année, sera remplacé par d’autres initiatives et il faudra faire preuve de résilience à un âge où la sagesse est un processus toujours en mouvement. Comment aider nos ados à exprimer leurs émotions? Comment faire en sorte qu’ils se sentent entendus et écoutés? Et pourquoi résister à l'envie de donner des conseils? La psychoéducatrice Laurence Gagné nous guide et nous éclaire.

Qui ne se souvient pas de son bal des finissants à la fin du secondaire? La robe, la voiture empruntée aux parents, le premier sentiment de vraie liberté, l’occasion de souligner la fin d’une étape importante entouré de tous ses amis, de faire ses adieux et de se rappeler les bons comme les moins bons souvenirs.

Cette année, COVID-19 oblige, des milliers d’adolescent.e.s devront se contenter d’une dernière journée d’école consentie par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. En effet, devant la déception et le désarroi de certains ados de ne pouvoir faire leurs adieux en présentiel, le ministre a annoncé début juin que tous les finissants de la 6e année et du 5e secondaire auront droit à une dernière journée d’école où séance de photos et signature de l’album de l’année seront permis à deux mètres de distance.

Clore un chapitre pour mieux voler vers l’avenir

Psychoéducatrice à l’école secondaire Honoré-Mercier à Montréal et chez SOS changement à Saint-Jérôme, Laurence Gagné souligne combien ce rituel est important pour tous les adolescents. «Clore ce chapitre est une étape déterminante pour le futur des ados. Ils souhaitent boucler une boucle importante de leur vie, c’est comme si cette fin d’étape leur donne des ailes pour aller au cégep. Le bal des finissants, c’est un événement dont on se rappelle toute sa vie!»

Le Bal Mammouth, animé par Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk, sera diffusé le 19 juin prochain à 20 h sur les ondes de Télé-Québec.

En tant que psychoéducatrice, Laurence rencontre une clientèle variée, mais sa clientèle principale est composée essentiellement d’adolescents. «J’aime la relation d’aide depuis toujours et mes ami.e.s se confient à moi depuis que je suis toute jeune. J’aime exprimer mes émotions et j’aime l’humain en général.»

La jeune professionnelle parle des émotions fortes que peuvent ressentir certains jeunes face au sentiment de ne pas avoir de contrôle sur la situation. «Certains éprouvent beaucoup de colère, mais sous la colère se cache souvent une grande tristesse. Une grande déception les habite, ils sont vraiment tristes et ils pleurent beaucoup, ils ne comprennent pas trop ce qui se passe et ce n’est pas facile pour eux parce que le climat anxiogène actuel amplifie parfois les émotions.»

Une psychoéducatrice à la rescousse

La fin du secondaire signifie pour plusieurs l’entrée au cégep et comme certains ados, Laurence ne savait pas trop quelle profession choisir pour l’avenir et c’est un orienteur qui lui a parlé de psychoéducation. «Je connaissais juste la psychologie et un conseiller d’orientation m’a parlé de la psychoéducation qui mélangeait le scolaire et la psychologie. Je suis une personne très dévouée et chaleureuse et j’ai le goût d’être avec les gens et d’aider et faire la différence dans une vie. C’est comme si je m’étais toujours dit que c’était ma mission. J’ai beaucoup de “savoir être”.»

La psychoéducation, explique Laurence, est très axée sur l’ici et maintenant. «La différence avec la psychologie est que nos interventions sont axées beaucoup sur le moment présent. J’accompagne l’individu afin qu’il s’adapte mieux dans son environnement que ce soit à l’école, à la garderie ou à la maison.»

Le 20 juin, à 21 h, Maripier Morin et Julien Lacroix organisent un après-bal en ligne sur plusieurs plateformes «party d’après-bal live».

Mais comment, comme parent, composer avec cette colère et cette peine que ressentent certains ados qui passent justement beaucoup de temps à la maison? Celle qui a gradué à la maîtrise à l’Université de Montréal en 2017 explique: «Les ados ont la perception que leurs parents ne peuvent pas les aider parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils vivent.

La première chose à faire pour aider son ado c’est de résister à la tentation de donner des conseils. C’est important d’être le guide dont il a besoin parce qu’en ce moment certains se sentent un peu perdus. Je dis tout le temps que les parents sont la fondation d’une maison et que les ados en sont les murs et la couleur.»

Voici comment aider votre ado à exprimer ce qu’il vit:

  • Profiter des balades en auto pour ouvrir le dialogue.
  • Lui demander de quoi il ou elle a besoin: En ce moment, de quoi aurais-tu besoin pour te sentir un peu mieux?
  • Souvent l’ado vous répondra qu’il ne le sait pas. Attendre en silence qu’il trouve sa réponse.
  • Ne pas banaliser ses émotions ou ses besoins et utiliser ce que l’on appelle «le reflet».
    Je te comprends, tu ressens une immense déception, une grande peine de ne pas pouvoir fermer ce chapitre comme tu le souhaiterais.
  • Éviter de donner des conseils et surtout, ne pas ajouter le fameux « mais» à la fin de la phrase. Le «mais» va annuler l’effet recherché: donner la chance au jeune de s’exprimer et d’avoir le sentiment d’être compris.

«La pire chose à dire à un ado en ce moment c’est que ça va bien aller.»

-Laurence Gagné

Les 3 besoins fondamentaux des ados:

  • Besoin d’indépendance en lien avec l’autorité.
  • Le désir d’appartenance à un groupe.
  • Le besoin d’affirmation de soi, la prise de risques et la construction d’identité.

«En temps de COVID-19, les ados passent beaucoup de temps avec leurs parents et les sentiments d’indépendance, d’affirmation de soi et de prise de risques sont difficilement exprimés», explique Laurence Gagné.

Mais celle qui a créé l’outil Comment soutenir mon adolescent peiné et déçu par la fin de son secondaire 5: aucun bal des finissants, demeure optimiste. «En ce moment on enseigne la résilience à nos ados qui apprennent à s’adapter face à l’adversité et aux événements qu’ils ne contrôlent pas et c’est un beau sujet de discussion à aborder avec eux.»

À retenir

  • Ne pas banaliser ses émotions ou ses besoins et utiliser ce que l’on appelle «le reflet».
  • Profiter des balades en auto pour ouvrir le dialogue.
  • Résister à l’envie de donner des conseils.

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