Les p’tits TDA/H

J’ai hâte qu’on valorise la différence! Qu’on la fête! J’ai hâte qu’on n’ait plus peur de parler de TDAH, de dyslexie, de dysphasie, etc.

Oulala! Un texte sur le TDAH!

En fait, sincèrement, j’ai l’impression qu’on ne sait même pas comment les appeler ces élèves.
« Cet élève a un TDAH »?
« C’est un TDAH »?
« Le p’tit TDAH »?

De mon côté, ça reste un enfant, un élève.
Ils sont extraordinaires, intelligents, vifs et plus encore.

Je n’ai pas d’enfant. J’enseigne depuis 14 ans.
J’en ai vu des élèves. J’en ai vu des “p’tits” qui ont la bougeotte.
Je trouve sincèrement que l’on est vite sur les diagnostics. “Mon enfant a de la difficulté à se concentrer!” Ouais! Moi aussi, ça m’arrive! À la dernière formation que j’ai suivie, j’ai eu toutes les misères du monde à suivre et non, je n’ai pas le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.

À première vue, plusieurs de mes élèves auraient pu avoir un “A” ou un “H” dans le front… Mais non! Des fois, ils ne sont que… des enfants.

Mais quel est le problème avec l’attention ou l’hyperactivité en classe?
Est-ce vraiment les élèves qui manquent d’attention ou qui ont trop d’énergie?
Ou est-ce l’école qui est trop passive et qui demande aux enfants d’être assis sur une chaise en silence pendant cinq heures?

Sans oublier que très souvent (lire ici trop!), ils doivent aussi être en silence dans les rangs, dans les corridors, au dîner et au service de garde en fin d’après-midi. Donnons-leur une chance ciboulette!

Savoir s’adapter
Il m’est arrivé à 2 ou 3 reprises, dans mes 14 ans d’enseignement, de demander aux parents une petite pilule pour aider leur enfant. Lorsque l’élève n’est jamais capable de terminer une tâche, qu’il n’est pas capable de se concentrer, qu’il commence à détester l’école à 10 ans, il faut faire quelque chose.

Acceptation des parents
Comme je le disais plus haut, je n’ai pas d’enfant. Je sais cependant qu’il doit être difficile d’accepter n’importe quel diagnostic. Un diagnostic, c’est un diagnostic. Mais il est primordial de l’accepter le plus rapidement possible…

Pourquoi?

Pour passer en mode “action” tout de suite. Plan d’intervention, médicament, etc.! Pour ce dernier, ce n’est pas toujours évident au début. Ça prend quand même quelques mois avant de trouver la recette secrète, la bonne molécule. Mais quand c’est fait, tout va bien! En fait, tout va mieux. C’est d’ailleurs à ce moment, que l’on voit le sourire revenir ou apparaître. La magie opère!

Attention! Je ne suis pas en train de dire que le médicament est toujours nécessaire…

Pour ou contre le médicament?
À deux reprises, j’ai fait arrêté la pilule. Oui oui! Vous avez bien lu! Ça se sent.
L’enfant est mature et surtout conscient de ce qui se passe en lui! Il est conscient de qui il est, de ses forces et de ses faiblesses. Nous mettons en place des trucs, des stratégies afin de se comprendre lorsqu’il arrive quelque chose. À toutes les fois, tout s’est bien passé. Je n’hésiterais pas à le refaire si l’occasion se présente à nouveau.

Dans tout cela, la collaboration parents/prof/médecin est primordiale!

Je suis contre lorsque l’on peut, par des petits ajustements, aider l’enfant à se centrer, à se concentrer, à être seul, sans bruit.
Je suis contre lorsque les parents font tout pour trouver quelque chose à leur enfant. Cette obsession de la performance… pas pour moi.

Je suis pour à partir de la journée où l’on sent que ça ne va plus!
Tristesse, découragement, incapacité à terminer une tâche, le goût de lâcher l’école à 10 ans, etc!

Je suis pour quand le jeune a des pensées noires! Oui oui! Des pensées noires!
Imaginez un enfant dans une telle détresse…
Je ne dis pas qu’on se rend là à toutes les fois. Je vous dis que ça arrive!

Ces enfants sont exceptionnels!
Ils sont exceptionnels! C’est voulu! Je l’ai répété! Je l’ai réécrit! Chers parents, répétez-vous cette phrase à tous les matins! Ils sont sensibles, intelligents et surtout (et c’est mon préféré!) sans filtre! Ils disent ce qu’ils pensent lorsqu’ils le pense! J’adore!

J’ai hâte que la différence soit la norme!
J’ai hâte qu’on valorise la différence! Qu’on la fête! J’ai hâte qu’on n’ait plus peur de parler de TDAH, de dyslexie, de dysphasie, etc.
J’ai hâte qu’on accepte les diagnostics rapidement pour qu’on agisse vite!

J’ai hâte qu’on pense finalement à ces jeunes, qui sont nos génies de demain….

Commentaires