Maman! Mamaaaaaaan! QUOI??!

Non, il n’y avait pas que le froid qui faisait couler les larmes sur mes joues. À chaque foulée, je pensais à ce que j’aurais pu faire pour éviter de perdre patience.

Lundi, fin d’après-midi.

J’ai eu une journée occupée et ma tête est pleine de petits et gros tracas.
Je fonctionne un peu sur le pilote automatique.
Les enfants arrivent de l’école fatigués.
C’est lundi pour tout le monde.

En plus, on mange du poisson ! Rien pour augmenter ma cote de popularité.
Une fois le souper servi, c’est la valse de l’argumentation qui commence.
Le plus jeune de mes deux garçons raconte un moment de sa journée et le plus vieux passe son commentaire à chaque phrase.
La petite dernière – et non la moindre! – ajoute son grain de sel.
Bref, peu d’enfant qui mange le fameux poisson et ma pression qui monte.
C’est donc vrai que les soupers en famille, c’est agréable!!!

Pendant de ce temps, je défile dans ma tête ce qui me reste à faire durant la soirée et il me semble que je vais manquer de temps.
Le souper est enfin terminé…  Ouf!
Les enfants m’aident (un peu) à desservir la table avant de commencer à se battre tels de petits lionceaux dans un documentaire de National Geographic.
Je ne sais pas pourquoi, mais je ne trouve pas ça aussi mignon…
Il fait beau. Je les envois donc dehors dépenser ce trop plein d’énergie.

Je range la vaisselle et les restes du souper. Oui, il reste beaucoup de poisson!

En brassant mes chaudrons, je pense aux lunchs à préparer, au lavage que je dois mettre dans la sécheuse, au rendez-vous que j’ai tôt le lendemain, à mes finances qui me donnent des maux de tête, au travail qui n’est plus aussi stable qu’il était….. Bref, je rumine.

En même temps, j’aide le cadet à faire son devoir de maths.
Non. En fait, je le fais à sa place.
Il est plus ou moins concentré et je suis plus ou moins patiente.
Une fois cette tâche terminée, je l’envoie dehors avec les autres.
Il ne s’est pas passé cinq minutes que j’entends mes deux fils crier.
Jusque là, c’est encore normal. Ça devrait se calmer.
Mais non! Ils crient plus fort!!!

Je pense que la vapeur doit me sortir par les oreilles!!!

Je mets mon manteau, mes souliers de course et je sors.
Je les accroche tous et commence mon laïus:

Pourquoi ce n’est pas possible d’avoir la paix deux minutes?
Pourquoi ils ne sont pas capables de trouver un terrain d’entente?
Pourquoi faut-il que le plus vieux se pense invincible, que le second hurle pour faire sa place et la dernière se mêle de tout ça?

Je leur annonce que je vais faire deux tours du pâté de maison à la course et qu’à mon retour, c’est les bains, les collations, une petite histoire et dodo très tôt!!!
Pour tout le monde?
Oh oui!!!! Pour tout le monde!!!
Ils restent tous surpris devant tant de colère.

Je les laisse donc à mon conjoint…
Et je pars.

Non, il n’y avait pas que le froid qui faisait couler les larmes sur mes joues.
À chaque foulée, je pensais à ce que j’aurais pu faire pour éviter de perdre patience.
Plus mon rythme cardiaque s’accélérait, plus la pression dans ma tête diminuait.
Tous les tracas perdaient de leur importance et je faisais tranquillement place au moment présent.
Vive l’endorphine!!!

Deux tours du bloc. C’est ce qui aura suffit à me remettre les idées en place.

Je suis encore fragile, mes finances ne se sont pas améliorées et je suis toujours sur la corde raide au travail.

Mais je vis ici et maintenant.

Et en ce moment, j’ai trois enfants qui ont besoin de ma présence.
Et pas seulement de ma présence physique.
Ils ont besoin que ma tête soit aussi disponible.
Pour être là pour les autres, il faut d’abord s’accorder un moment pour soi.
Pas besoin d’une semaine dans le sud… Quoique ça ne serait pas désagréable!

Être parents, ça demande beaucoup de gestion.
Apprenons donc à se libérer deux tours du bloc!
À accorder une petite pause au petit hamster qui roule dans notre tête.
C’est un bon investissement croyez-moi!

Inutile de vous dire que j’irai courir demain aussi…
Mais avant le souper cette fois-ci!
Pas folle la fille!!!

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