Papa d’école – 2e partie

Les relations humaines, authentiques et signifiantes, sont au coeur de notre réussite. Nos élèves savent qu’ils sont importants pour nous, et nous savons que nous sommes importants pour eux.

Voici mon bébé
Le programme Voie d’Avenir regroupe désormais 63 élèves de 12 à 18 ans.
Trois mots guident nos actions au quotidien: respect, effort, et entraide.
Tout au long de leur parcours secondaire, ces élèves sont guidés par la même équipe de professionnels composée de quatre enseignants, d’une orthopédagogue et d’un éducateur spécialisé.
Vous comprenez probablement mieux maintenant pourquoi je me considère comme un papa d’école… au cours de l’année scolaire, je passe plus de temps avec mes élèves qu’avec mes propres enfants!
Mais tout ce temps investi nous permet de créer des liens pour la vie avec ces jeunes.

Imaginez maintenant que vous avez une équipe d’enseignants dévoués au développement de votre jeune pendant 5 ans. Imaginez la relation que vous développerez avec eux et l’empathie que vous recevrez lors des moments difficiles.

Ces enseignants se doivent de travailler avec votre jeune. Ils sont dans le même bateau. Ils ne se disent pas: « Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas grave: l’an prochain il sera dans une autre classe! » 

Au même titre qu’un enfant ne choisit pas ses parents, un jeune ne choisit pas ses enseignants. Néanmoins, ces enseignants font tout en leur pouvoir pour rendre chaque jeune autonome, confiant et compétent face à la vie.

En plus de nous permettre de bâtir cette signifiance qui nous lie, ces 5 années de travail en commun permettent de gagner un temps fou à chaque début d’année scolaire.

En effet, nous n’avons pas besoin de revoir les règles de classe et d’expliquer notre fonctionnement: le jeune repart là où il avait laissé 8 semaines plus tôt.

Cette connaissance de nos jeunes nous permet aussi de mettre en place un accompagnement pédagogique concret et efficace car nous connaissons leurs forces et leurs points à améliorer par coeur.
De plus, puisque nous travaillons en équipe, les stratégies d’apprentissage mises en place sont réinvesties à toutes les sauces, peu importe la matière.

C’est pourquoi je dis souvent aux parents qu’il n’existe pas un programme Voie d’Avenir, mais bien 63.

Une image vaut mille mots
La meilleure image que je pourrais vous donner pour représenter le mode de fonctionnement dans le programme Voie d’Avenir est celle d’une fourmilière: chaque membre de la famille à un rôle clé à jouer pour préserver le bien-être commun.

Mardi, 10h00
Dans sa classe, Mme Tremblay enseigne le français à ses élèves. Elle n’enseigne pas le français car c’est la matière à l’horaire, non. Elle enseigne le français parce que ses élèves ont décidé de faire du français à ce moment donné.

À l’intérieur de cette classe, nous retrouvons des jeunes qui ont entre 12 et 15 ans.
Ils ne font donc pas nécessairement le même travail.
C’est la raison pour laquelle l’entraide et l’action sont au centre de notre modèle.
Les élèves sont libres de se déplacer pour mieux s’afférer aux tâches que leur enseignante leur a remis au début de la semaine.

Que fait l’enseignante?
Elle discute avec un élève en lui préparant un chocolat chaud.
Bientôt, elle sera bombardée de questions.
En effet, les élèves ont le devoir de valider leurs travaux pour permettre aux enseignants de valider et mieux diagnostiquer les problématiques de chacun.

Des devoirs? Non!!!
Les travaux sont remis au début de la semaine et la responsabilité d’apprendre à organiser leur temps appartient aux élèves.

L’ÊTRE avant tout
Le 29 avril dernier, nous avons été invités à un colloque qui avait pour titre « Branché sur l’élève ». Une quarantaine d’ateliers étaient à l’horaire, et le nôtre était l’un des seuls à être présenté par des élèves.

Charlotte et Karelle ont fait pleurer certains des participants en leur témoignant avec passion tout l’amour qu’elles portent à leur famille d’école. La phrase de la journée revient toutefois à Karelle:

Les relations humaines, authentiques et signifiantes, sont au coeur de notre réussite.
Nos élèves savent qu’ils sont importants pour nous, et nous savons que nous sommes importants pour eux
. C’est grâce au temps investi que nous pouvons développer des bases solides qui leur permettront de croire en eux. Ce qu’il y a de plus beau, c’est que ces relations se développent également entre les jeunes.

En guise de conclusion, je vous laisse sur le  témoignage de M. Jocelyn Dagenais, enseignant de mathématiques et président du GRMS, qui est venu visité notre famille d’école le 27 avril 2016:

Comme je le disais en fin de journée aux élèves, ces trois mots ne sont pas seulement écrits sur les murs mais ils transpirent dans leurs actions quotidiennes. J’ai vu ces trois mots «live» pour emprunter leur jargon au goût du jour. J’ai vu ces trois mots vouloir dire quelque chose pour eux. Ils sont importants. Ils sont à la base de leur quotidien. Ils font en sorte qu’ils ont envie de venir travailler en classe à chaque jour. Et ça, on ne vérifie pas ça dans un examen. Ça se vit.

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