Tu n’es pas mon père!!!

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Il y a quelques jours, elle s’est poussée. Elle a profité d’une visite chez une petite amie pour retourner chez sa maman.

J’étais tout à fait préparée à entendre cette phrase sortir un jour de la bouche d’un de mes enfants à l’intention de mon conjoint. Je savais que ça arriverait et j’ai su gérer lorsque le moment s’est finalement présenté. Par contre, je ne m’attendais pas à ce que ça m’arrive à moi.  

Depuis le début de ma relation avec mon conjoint, j’ai toujours eu un bon contact avec sa fille. Elle s’entendait bien avec mes enfants. Elle voulait toujours nous suivre alors elle venait partout avec nous. Elle venait en vacances avec moi et les enfants lorsque son père travaillait, elle me suivait au cours de l’un ou de l’autre, elle venait manger à la maison même si le menu ne lui plaisait pas toujours. Nous avons bien sûr eu quelques petites altercations, mais sans plus.

Tout récemment, elle demande plus souvent pour aller chez sa maman. Elle a moins de plaisir à la maison. Mais pourtant, rien n’a changé. Enfin, c’est ce que je pense. Il y a quelques jours, elle s’est poussée. Elle a profité d’une visite chez une petite amie pour retourner chez sa maman. Son père et moi étions dans tous nos états…

Nous revenions tout juste de vacances où nous avons eu beaucoup de plaisir. Et elle aussi. On ne peut quand même pas feindre le bonheur pendant une semaine à 11 ans!!!

La raison pour laquelle elle préfère être chez sa mère?

C’est plate chez nous.
On ne va pas à la Ronde à chaque semaine. Elle fait davantage d’activités avec sa maman!!!

QUOI?

Dans la description de tâches de la belle-maman, je n’ai pas lu “clown” ou “éducatrice de camp de jour”!!

Je n’en revenais tout simplement pas. Depuis le tout début, je m’assure de lui faire une place dans notre vie. Je m’assure qu’elle se sente chez elle lorsqu’elle est à la maison.

Ben non. On ne doit pas faire ça pour la paie. Elle n’a pas choisi cette vie. Il se peut qu’elle soit fatiguée de changer de maison par moment. Mais je ne peux pas faire autrement que de me sentir piégée, trahie.

Les enfants sont bien chez nous. Ils ont tout ce dont ils ont besoin.

Des jeux en quantité industrielle, des sorties, des repas trois fois par jour (sans compter les douze mille collations!!), de la discipline, des limites, des vêtements, des soins, des fous rires et oui, parfois, des chicanes. Des animaux de compagnie, de l’amour, des câlins, de l’aide pour les devoirs ou pour choisir quoi porter pour la fête de famille, une oreille pour les écouter se plaindre de la petite fille en face, à l’école, qui renifle sans arrêt pendant les examens…

Les enfants ne manquent de rien!!!

Depuis cet événement, elle est retournée chez sa maman pour sa semaine. Et depuis cet événement, je ne pense qu’à ça. Je me couche en pensant à ça. Je me lève en y pensant. J’essaie de voir s’il n’y aurait pas autre chose de caché sous ces sentiments de “c’est plate chez vous”.

Y a-t-il quelque chose que j’ai dit, que j’ai fait…?
Que puis-je faire de plus…?

En en discutant avec son père, nous en sommes venus à la conclusion que la pire conséquence que l’on puisse lui imposer pour sa fugue, c’est de lui dire qu’on l’aime et que nous ferons tout ce qu’il faut pour qu’elle reste avec nous une semaine sur deux…  que ce soit plate ou pas.

Nous lui redirons que son papa a aussi une place importante dans sa vie et que ce que nous avons à lui offrir est différent de ce que sa mère lui offre, mais qu’elle a besoin des deux pour devenir une adulte autonome et épanouie.

Mon coeur de belle-maman en a pris un coup…
Nous allons nous serrer les coudes et nous verrons bien où tout ça nous mènera…

Biographie

Maman de trois enfants, Annie vit la belle et douce folie de la vie de famille, avec les hauts et les bas qu’elle apporte. Infirmière de formation, elle a pratiqué durant plusieurs années à l’hôpital Sainte-Justine avec les bébés prématurés et leur famille.  Puis, pour concilier le travail et la famille, elle a choisi de poursuivre sa carrière en CLSC avec les familles en attente d’un bébé ou ayant des enfants en bas âge. Prévention et éducation sont les défis de son quotidien, tant au travail qu’à la maison!  Elle est l’auteure du livre « TDAH, mon enfant bionique » aux Éditions Béliveau éditeur.

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