Le diagnostic, un outil précieux pour aider l’enfant avec un trouble d’apprentissage

Pour aider efficacement un enfant avec un trouble d’apprentissage ou une autre problématique, il importe d’obtenir un diagnostic adéquat. Vers qui se tourner pour obtenir une évaluation efficace?

À une époque où tous les enfants semblent être aux prises avec un problème ou un autre, et où l’on parle de trouble déficitaire de l’attention ou de trouble anxieux, il faut s’assurer d’obtenir un véritable diagnostic* avant de s’inquiéter ou même d’entreprendre un traitement.

Dans cette perspective, il est essentiel que l’enfant soit évalué de la bonne façon avec le bon professionnel. L’évaluation permet de déterminer quelles sont ses forces et ses faiblesses, et si les faiblesses en question sont assez sévères, assez nombreuses et assez problématiques dans différents contextes pour qu’on puisse poser un diagnostic. Le cas échéant, le diagnostic reçu permet de clarifier la situation non seulement pour l’enfant, mais aussi pour ses parents et les différents intervenants autour de lui.

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Par exemple, il m’est arrivé de recevoir un enfant et ses parents dans mon bureau qui me disaient que le professeur trouvait que Julien (nom fictif) était souvent dans la lune, qu’il ne suivait pas. Les parents, eux, mentionnaient que Julien, alors en première année, avait du mal à apprendre à lire et à écrire. Ils mettaient ses difficultés sur le fait que Julien fréquentait une école trilingue et qu’au départ il ne parlait que le français.
Mis à part ses difficultés, Julien était décrit comme un garçon calme, plutôt timide, qui ne parlait pas beaucoup et qui se tenait assez souvent à l’écart des autres enfants, bien qu’il semblait apprécier leur compagnie. Les parents de Julien s’attendaient donc à recevoir un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention, sans plus. À la suite de l’évaluation, il s’est avéré que Julien présentait une dysphasie mixte modérée sans trouble de l’attention.
Autrement dit, Julien éprouvait des difficultés à s’exprimer et à comprendre ce qu’on lui disait, même en français. Alors, imaginez en espagnol ou en anglais! Et comme il ne comprenait pas bien et qu’il avait du mal à trouver ses mots, il avait tendance à décrocher assez rapidement en classe. Un suivi en orthophonie a donc été instauré et un changement d’école est prévu pour la prochaine année scolaire.

S’adresser au bon professionnel

Les orthophonistes évaluent et traitent les troubles de langage, tandis que les ergothérapeutes évaluent et traitent les troubles moteurs. Souvent, tant les orthophonistes que les ergothérapeutes vont faire une demande de consultation en neuropsychologie afin de s’assurer que les problématiques observées et mesurées ne sont pas une conséquence d’une autre lacune. Les neuropsychologues évaluent l’ensemble des capacités cognitives, émotionnelles et motrices des enfants, des adolescents et des adultes par rapport au fonctionnement du cerveau. C’est ce professionnel qui détecte les troubles d’apprentissages et qui évalue l’attention, le raisonnement, la mémoire ou les capacités intellectuelles, entre autres.

Une évaluation dure en moyenne de quatre à six heures réparties sur deux à trois rencontres, selon l’âge de l’enfant. Cela permet à l’enfant de rester en forme. Elle peut être un peu moins ou un peu plus longue en fonction de l’enfant évalué et des problématiques rencontrées. Que ce soit une neuropsychologue, une orthophoniste ou un ergothérapeute qui évalue l’enfant, les outils utilisés comprendront notamment des questionnaires à l’intention des parents et des professeurs, ainsi que des tests normalisés qui permettent d’évaluer différentes capacités ou fonctions.

Avant l’âge de six ans, on pose rarement un diagnostic. Dans le cas des difficultés motrices ou de langage, on parlera surtout de retard d’acquisition ou de développement lié à la capacité en question. Par exemple, on pourrait parler d’un retard de langage chez un enfant de quatre ans dont le langage progresse continuellement grâce à des séances d’orthophonie. De la même façon, le diagnostic de trouble d’apprentissage affectant la lecture (dyslexie) et l’écriture (dysorthographie) n’est jamais posé avant la fin de la deuxième année du primaire. Cela donne justement le temps aux enfants un peu plus lents sur ce plan de se rattraper.

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Le rapport : dernière étape d’une évaluation

Après l’évaluation du professionnel, un rapport est produit. Ce dernier explique les résultats obtenus concernant chacun des aspects évalués et les recommandations du professionnel à l’intention des parents et des intervenants qui sont susceptibles de travailler avec l’enfant. Ces recommandations sont souvent nombreuses et très concrètes, ce qui permet à tout le monde d’intervenir efficacement auprès de l’enfant en question. Le rapport est plus ou moins long, selon les situations, et il contient sa part de jargon. Il est donc important de rappeler le professionnel qui a évalué l’enfant si vous ne comprenez pas ce qui est écrit. Il ne faut jamais oublier que ce rapport devient un outil précieux non seulement pour le professeur, mais aussi pour vous, les parents!

Un rapport neuropsychologique d’un enfant d’âge primaire est valide pour une durée qui varie d’une personne à l’autre. En fait, cette durée est grandement influencée par l’évolution de l’enfant, en fonction des symptômes qu’il présentait au départ. Si vous avez l’impression que votre enfant a évolué au point où il ne correspond plus à la description qu’en fait le rapport, cela signifie qu’il n’est plus valide.

En terminant, souvenez-vous que votre enfant demeure exactement le même après l’évaluation, peu importe le diagnostic qu’il a reçu. L’évaluation sert à mettre des mots que tous les professionnels comprennent sur un phénomène que vous, comme parents, observez depuis des mois ou des années, dans le but de l’aider le mieux possible par la suite!

* Le terme «diagnostic» est utilisé dans ce dossier et les textes associés pour faciliter la compréhension. Au Québec, la loi réserve cet acte aux médecins. Dans le cas des orthophonistes, des orthopédagogues et des psychologues, le terme «conclusion professionnelle» ou «évaluation professionnelle» est généralement utilisé.

À retenir

  • L’enfant avec un trouble d’apprentissage ou une autre problématique doit être évalué par le bon professionnel.
  • Les orthophonistes, les ergothérapeutes et les neuropsychologues ont des champs d’expertise qui correspondent à différentes problématiques.
  • Un diagnostic est rarement posé avant six ans.
  • En plus des résultats, le rapport du professionnel comporte des recommandations utiles pour les parents.
  • Après un certain temps, une réévaluation peut être nécessaire.

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