La motivation scolaire, ça se cultive! (2e partie)

Dans la première partie de cet article, nous avons vu que les perceptions que l’enfant a de lui-même et de son environnement jouent un grand rôle dans sa motivation scolaire. Mais de quelle manière l’enfant manifeste-t-il sa motivation et comment l’aider à l’entretenir?

Mon enfant est-il motivé?

Pour faire des apprentissages et réussir à l’école, votre enfant doit bien sûr avoir des habiletés sur le plan cognitif (par exemple, la mémoire et l’attention), mais il doit aussi être motivé. En effet, la motivation constitue un élément incontournable de la réussite scolaire. Mais comment peut-on savoir si son enfant est motivé?

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Qu’est-ce que la motivation scolaire?

Rolland Viau est un chercheur qui étudie le concept de motivation scolaire depuis plus de 25 ans. Selon lui, la motivation tire sa source dans les perceptions que l’enfant a de lui-même et de son environnement. Ses perceptions l’amènent à choisir s’il s’engage ou non dans l’activité pédagogique qu’on lui propose. Pour qu’un enfant soit motivé à accomplir une tâche scolaire, il doit :

  1. Percevoir que cette tâche est utile et intéressante;
  2. Percevoir qu’il a les compétences pour effectuer la tâche;
  3. Percevoir qu’il a un certain contrôle sur la tâche.

Les manifestations de la motivation

Toujours selon le modèle proposé par Rolland Viau, les trois sources de motivation présentées dans l’article précédent agissent sur les manifestations de la motivation. Un enfant dont les trois perceptions mentionnées ci-dessus sont élevées le démontre des trois manières suivantes.

1. Engagement sur le plan cognitif dans l’activité proposée

Cet engagement cognitif s’observe lorsque l’enfant est investi dans son travail et qu’il passe à l’action en utilisant de son propre gré des stratégies d’apprentissage (par exemple, stratégies de gestion du temps, d’organisation, de répétition, etc.).

À l’opposé, un enfant qui n’est pas motivé aura tendance à éviter la tâche. Un enfant qui regarde des images dans le dictionnaire, qui demande des explications inutiles ou qui se lève constamment ne s’engage pas dans la tâche.

Rôle du parent

Viau (1997) explique qu’un élève qui s’engage en profondeur ne se limite pas à mémoriser ce qu’il a à apprendre : il essaie de le comprendre à partir de différentes stratégies.

Pour encourager votre enfant à s’engager dans la tâche, invitez-le à utiliser des stratégies d’apprentissage qui lui permettront de comprendre la matière et de l’approfondir, telles que :

  • Organisation de la matière à l’aide de tableaux, de schémas, de dessins, etc.
  • Utilisation des outils (dictionnaire, référentiel, liste de mots, etc.)
  • Utilisation de l’agenda pour planifier les périodes d’étude
  • Questionnement (à l’enseignant, à un pair, à un parent, etc.)
  • Gestion efficace du temps
  • Organisation du matériel et de l’environnement
  • Maintien de la motivation et de la concentration
  • Etc.

2. Persévérance dans l’accomplissement de l’activité

L’enfant fait preuve de persévérance lorsqu’il consacre le temps nécessaire pour réussir l’activité proposée. Un enfant qui manque de persévérance dans une tâche d’écriture pourrait, par exemple, refuser d’y passer plus de temps pour relire et corriger son texte.

Cela dit, la quantité de temps passé sur un travail n’est pas un gage de réussite. En effet, un enfant pourrait passer beaucoup de temps à faire son travail tout en étant distrait et inefficace. C’est pour cette raison que la persévérance doit être accompagnée d’un engagement cognitif.

Rôle du parent

À cet égard, il est essentiel que le parent valorise l’effort et encourage l’enfant à terminer ce qu’il entreprend, même quand c’est difficile. Le psychoéducateur et orthopédagogue Germain Duclos explique qu’à partir de 7 ans l’apprentissage de l’effort devient très important :

« Si on n’encourage pas l’enfant à terminer ce qu’il entreprend, même quand c’est difficile, il est fort probable qu’il ne pourra le faire durant l’adolescence. »

3. Accomplissement des apprentissages désirés

L’apprentissage est la manifestation ultime de la motivation. Un enfant motivé persévère et s’engage dans une tâche donnée, ce qui fait qu’il accomplit plus d’apprentissages que l’enfant qui n’est pas motivé.

La motivation exerce donc une influence sur l’apprentissage, mais l’inverse est aussi vrai. Si un enfant vit un échec dans une activité, cela influencera sa perception de sa compétence, qui deviendra plus négative.

Rôle du parent

En cas d’échec, soulignez les difficultés de l’enfant, mais sans le critiquer. Suggérez-lui plutôt des moyens de s’améliorer. Profitez-en aussi pour lui expliquer que vous accordez plus d’importance au processus d’apprentissage qu’aux résultats scolaires. L’enfant doit en arriver à percevoir les erreurs et les échecs comme des occasions d’apprendre et de s’améliorer.

À retenir

  • La motivation tire sa source dans les perceptions que l’enfant a de lui-même et de son environnement.
  • La motivation scolaire de l’enfant se manifeste par son engagement cognitif, sa persévérance dans l’accomplissement de la tâche et l’accomplissement des apprentissages.
  • Le parent peut soutenir son enfant notamment en l’aidant à s’organiser, en valorisant ses efforts et en lui suggérant des moyens de s’améliorer.

Références

  • DARVEAU, P., et R. Viau (1997). La motivation des enfants : Le rôle des parents, Saint-Laurent, Éditions du renouveau pédagogique inc., p.97.
  • DUCLOS, G. (2010). La motivation à l’école, un passeport pour l’avenir, Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine.
  • VIAU, R. (2009). La motivation à apprendre en milieu scolaire, Saint-Laurent, Éditions du renouveau pédagogique inc.

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