Tout savoir sur le plan d’intervention

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Outil essentiel à la collaboration, le plan d’intervention contient tous les renseignements nécessaires pour assurer la progression de l’enfant. Que contient-il, au juste?

Le plan d’intervention (aussi appelé « PI », dans le milieu scolaire) est un document de planification et de concertation qui fait partie des actions éducatives de plusieurs milieux, comme les milieux scolaires. Le plan d’intervention permet la collaboration de tous les intervenants vers un objectif commun, soit la progression de l’enfant. Il offre aussi la possibilité à tous d’avoir une vision commune des interventions à mettre en place. Il permet un processus de résolution de problème plus efficace et assure le soutien de l’équipe œuvrant directement auprès de l’enfant.

Que contient le plan d’intervention?

Un bon plan d’intervention devrait tout d’abord contenir les informations de base sur l’enfant (nom, âge, nom des parents, adresse et numéros de téléphone, …) et sur le milieu dans lequel s’inscrit la démarche du plan (groupe d’accueil, nom de l’enseignant, membres de la direction, nom des intervenants du milieu, etc.).

S’il y a lieu, les particularités de l’enfant devraient aussi se retrouver dans le plan (par exemple, le diagnostic* et les conditions médicales).

Ensuite, une partie importante du plan est consacrée aux caractéristiques de l’enfant.

  • Il doit comporter une section abordant ses forces. Il s’agit d’un élément essentiel à détailler dans le plan, puisque les différents moyens choisis pour aider l’élève prendront appui sur ses forces.
  • On y trouve également les défis de l’enfant (on préfère parler de « défis » plutôt que de « difficultés », un mot plus positif).

Les besoins de l’enfant sont aussi présentés dans le plan d’intervention. Dans certains cas, il fera ressortir tous les besoins en indiquant ceux qui sont prioritaires; dans d’autres cas, le PI fait seulement ressortir les besoins prioritaires. C’est tout simplement une question de choix et d’espace dans le document (un document trop long est difficile à utiliser). En général, un PI contient de deux à quatre besoins prioritaires.

Le PI contient également les buts à atteindre par l’enfant. Dans la section des objectifs généraux, il faut convertir chacun des besoins prioritaires en objectif général. Par la suite, chaque objectif général est détaillé en objectifs spécifiques facilement mesurables (pour faciliter l’évaluation de l’atteinte des objectifs). Ainsi, les objectifs spécifiques doivent être quantifiables ou qualifiables. Pour chacun des objectifs spécifiques, on précise les moyens à mettre en place pour l’atteindre. Pour chaque moyen, il faut expliquer qui est la ou les personne(s) responsable(s) de celui-ci : ce peut être l’éducatrice, l’éducatrice spécialisée, les parents, un enseignant, etc., mais ce n’est jamais l’enfant.

Finalement, un bon plan d’intervention doit contenir une date de suivi afin de faire le bilan des objectifs et réviser, si nécessaire, les besoins prioritaires, les objectifs, les moyens et les personnes responsables. Au terme de la rencontre d’élaboration du plan d’intervention, toutes les personnes présentes doivent signer le document dans une section prévue à cet effet. Cela permet de responsabiliser chacun par rapport à son rôle, un peu comme pour un contrat.

Processus d’élaboration et de révision du plan d’intervention

Pour être efficace, le plan d’intervention doit être fait en collaboration avec tous les intervenants impliqués (parents, éducatrice en milieu de garde, éducatrice spécialisée, enseignants, direction, intervenant dans le milieu, intervenants externes, etc.) auprès de l’enfant concerné. Il est aussi primordial de réviser fréquemment le plan d’intervention afin qu’il s’ajuste constamment aux besoins changeants de l’enfant et à son évolution. Cette révision permet donc de s’assurer que le plan d’intervention est toujours d’actualité et que les objectifs qu’il comprend sont atteints ou en voie d’être atteints, puis de redéfinir des moyens pour l’atteinte des objectifs initiaux.

Les rôles de chacun

Le rôle du parent. Les parents participent aux rencontres liées au plan d’intervention pour induire une collaboration entre le milieu (école, service de garde, etc.) et la maison ainsi que pour partager leurs connaissances au sujet de leur l’enfant afin de contribuer à la rédaction du plan.

Le rôle de l’école (ou du milieu de garde). L’école (ou le milieu de garde) est responsable de la mise en place du plan d’intervention et de sa révision régulière. C’est la direction qui planifie généralement une rencontre avec l’enfant, ses parents et les différents acteurs concernés afin de rédiger le plan.

Le rôle de l’enfant. Lorsque l’enfant est en mesure de le faire, il devrait participer aux rencontres d’élaboration et de révision de son plan d’intervention. Il peut ainsi s’exprimer sur sa situation et s’impliquer dans le choix des objectifs et des moyens mis en place.

* Le terme «diagnostic» est utilisé dans ce dossier et les textes associés pour faciliter la compréhension. Au Québec, la loi réserve cet acte aux médecins. Dans le cas des orthophonistes, des orthopédagogues et des psychologues, le terme «conclusion professionnelle» ou «évaluation professionnelle» est généralement utilisé.

À retenir

  • Le plan d’intervention est un document de planification et de concertation qui vise la progression de l’enfant avec le soutien de plusieurs intervenants.
  • Le plan d’intervention contient notamment les caractéristiques et les besoins de l’enfant, les objectifs généraux et spécifiques ainsi que la date de suivi.
  • Le plan d’intervention nécessite la collaboration de tous les intervenants.
  • Les parents, l’école et l’enfant ont chacun leurs rôles à jouer.

Références

  • MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION DU QUÉBEC (2004). Le plan d’intervention… au service de la réussite de l’élève. Cadre de référence pour l’établissement des plans d’intervention, Québec.
  • MYARA, N. (2016). Le plan d’intervention : Un processus et des ententes, Montréal, JFD Éditions.

— Dernière mise à jour: 10 mars 2017

Biographies

Professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Mathieu Point est titulaire d’un doctorat en éducation et il est professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est membre cher­cheur de la Chaire de recherche Normand-Maurice et du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire. Ses travaux portent sur le jeu, la pédagogie inclusive, le développement psychomoteur et les interactions sociales en petite enfance.

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Étudiante-chercheure, UQTR

Stacey Paquin est étudiante à la maitrise en éducation (profil psychopédagogie) au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Assistante de recherche pour l’équipe QISAQ et membre-étudiante au Laboratoire International sur l’Inclusion Scolaire, ses intérêts de recherche portent sur le processus d’élaboration des plans d’intervention en milieu scolaire.

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