Le devoir des devoirs…

Est-ce que les devoirs ne seraient en fait qu’un outil de communication pour les parents? Alors pourquoi ne pas communiquer directement avec eux?

Ça me chicotait depuis quelque temps… donner des devoirs à mes élèves. Pour quelles raisons? Est-ce réellement bénéfique pour eux?

J’avais souvent en tête que nous, comme adultes, après nos journées de boulot, il est vraiment apprécié de pouvoir décrocher du travail, faire une coupure, passer du bon temps en famille, relaxer un peu. Aussi, je crois au développement global de l’enfant qui est plus prôné au préscolaire et qui devrait, selon moi, revenir en force au primaire.

C’est comme si l’enfant a besoin de bouger, de socialiser, d’être créatif à 5 ans et que dès que la première année arrive… il devient tout à coup un intello capable de travailler sans relâche et qui a moins besoin de bouger, de créer, de jouer.

On nourrit alors le cerveau, mais au détriment du corps et de tout son être de façon globale. Toute cette réflexion pour vous dire que… j’ai décidé de ne pas donner de devoirs obligatoires cette année, mais de donner des leçons et d’encourager la lecture.

Ça ne fait pas l’unanimité.

Y a-t-il une bonne façon de faire? Je ne sais pas, mais je fonce (après de multiples réflexions!!!). Je ne veux pas niveler par le bas: je prends le pari que mes élèves travailleront fort à apprendre leurs leçons (une dizaine de minutes par jour), qu’ils liront, qu’ils iront jouer dehors, qu’ils jaseront de leur journée avec leurs parents, qu’ils feront du sport, de l’art ou qu’ils relaxeront un peu… parce qu’ils auront le temps de le faire.

Avant de prendre cette décision, j’ai lu sur le sujet.

La corrélation entre les devoirs au primaire et la réussite est minime. Même que pour certains élèves en difficultés, les devoirs peuvent nuire à leur réussite.

Aussi, je suis une enseignante qui accorde beaucoup d’importance au climat et au plaisir d’apprendre. Je ne veux pas décourager mes élèves. Je ne veux pas non plus punir mes élèves pour des devoirs non-faits, parce que tout comme un retard à l’école le matin, on ne sait jamais la raison qui se cache derrière un tel manquement.  J’aspire à leur faire comprendre que s’ils décident de faire des efforts régulièrement, ils seront les premiers gagnants!

La plus grande crainte des parents par rapport à ce choix est de ne plus être capable de faire le suivi des apprentissages de leur enfant à la maison.

Ce qui m’a amenée à me demander: « Est-ce que les devoirs devraient servir à communiquer les notions vues en classe aux parents? Est-ce que les devoirs ne seraient en fait qu’un outil de communication pour les parents? Alors pourquoi ne pas communiquer directement avec eux? »

Je crois fermement à la communication maison-école, à une bonne collaboration avec les parents. Je crois être capable de les tenir au courant des apprentissages via les études de leur enfant et des courriels, appels téléphoniques ou notes à l’agenda.

En début de carrière, quand je n’étais pas encore maman, je croyais que les enfants devaient faire des devoirs à tous les jours pour acquérir une certaine rigueur.

En théorie, c’est vraiment louable. Par contre, la réalité que plusieurs parents expérimentent est tout autre! On se dépêche le matin pour aller au boulot et à l’école, on se dépêche le soir pour aller chercher les enfants, on soupe, on fait les devoirs, on prend les bains, on fait les lunchs et on se couche souvent épuisé…

Est-ce qu’on se parle? Est-ce qu’on a du plaisir? Est-ce qu’on court sans arrêt? C’est ça la vie!?!

Dans mes questionnements par rapport aux devoirs, je me suis même demandé si les enfants faisaient leurs devoirs puisque c’était observable, je pouvais les contrôler, mais ne mettaient pas autant d’énergie sur leurs études, plus abstraites, moins tangible.

Peut-être est-ce un vœu pieux, mais je me dis que les enfants auront la chance de pouvoir se concentrer davantage sur leurs études et sur la lecture. Qui sait, peut-être que certains parents en profiteront pour se coller avec leur enfant et lire ensemble une belle histoire avant le dodo, ou pour jaser de leur journée. Pour moi, ce sont les meilleurs devoirs!

Trop souvent, par expérience, on donne des devoirs pour donner des devoirs, sans réfléchir parce que c’est comme ça depuis des années.

Je ne veux pas être sur le pilote automatique. La réalité familiale a changé. Les enfants aussi. Je veux chercher la meilleure solution pour l’épanouissement global de mes élèves et pas seulement sur le plan intellectuel, parce qu’on est pas juste une tête pensante, on est un tout: un corps qui bouge, une tête créative, un coeur qui aime…

Je ne prétends pas avoir la solution miracle, mais, pour notre classe cette année, j’essaie cette formule sans prétention, aucune!

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