Adolescents délinquants : comment les accompagner?

La délinquance est souvent une manière pour le jeune de défier les règles ou d’obtenir la reconnaissance d’autrui, et elle est présente tant dans les familles riches que pauvres. Comment réagir devant des comportements délinquants de la part de son adolescent?

Accompagner un adolescent qui s’enfonce dans le chemin de la délinquance

Le mot adolescent sera employé dans l’article ci-dessous et désigne autant les garçons que les filles.

Qu’est-ce que la délinquance?

Il serait facile de croire que la délinquance se limite à tout ce que les policiers sanctionnent. Plusieurs mythes et stéréotypes, véhiculés par l’opinion populaire ou les médias, viennent également limiter la conception que l’on s’en fait. Une définition théorique pourrait nous éclairer sommairement sur ce que nous savons déjà, à savoir des comportements ou des attitudes que la société ne cautionne pas, qui causent des torts et qui vont à l’encontre des lois prévues. La délinquance est l’œuvre d’une minorité (de personnes contrevenantes) responsable de la majorité des délits. Néanmoins, pour être comprise et non seulement décrite, elle se doit d’être décortiquée et différenciée des troubles de comportement, entre autres, ou de tout ce qui n’est pas régi par la législation.

Fréchette, en 1975, s’est intéressé aux meilleures pratiques pour repérer, si nous nous permettons l’expression, les délinquants juvéniles susceptibles de s’ancrer dans le processus criminel, c’est-à-dire pour distinguer les expériences délinquantes qui façonnent la plupart des adolescences du délinquant plus sérieux. Cela permit ainsi d’en comprendre certaines facettes. Les sphères étudiées furent la forme (le comportement, donc comment la délinquance se manifeste : vol, drogues, agression, etc.), la gravité (en considérant la fréquence, la nature, les torts causés et leur réprobation) ainsi que l’identification aux valeurs délinquantes (la marginalisation, la rébellion, l’antisocialité).

Le caractère subjectif d’un concept tel que la gravité nous rappelle que notre définition des délits, des crimes et de ceux qui les commettent dépend de notre vécu et de notre propre perception. Wolfgang et collab., en 1985, se sont donc intéressés à la conception de cette même gravité au sein de la population, qui tourna autour, notamment, de l’intégrité physique, de la vulnérabilité de la victime et de la violence des moyens. Cette « expression » accordée par une communauté demeure, bien sûr, propre aux normes sociales qui y sont établies. Sachant qu’elle englobe autant de facteurs, comment faire pour reconnaître la délinquance?

Dépister les signes de délinquance chez son ado

N’oublions pas que ce qui caractérise la délinquance peut très souvent être observé. C’est pourquoi l’attitude (mensonge), les gestes (vol), les choix (école buissonnière) et les paroles de vos adolescents sont importants. Inspirés notamment des conclusions de Beausoleil, Cusson, Leblanc, Fréchette, Biron et Mailloux, quelques éléments s’avèrent néanmoins plus saillants que d’autres. Le principe de continuité (1984) est essentiel dans l’interprétation des signaux que nos adolescents peuvent envoyer par leurs choix. L’âge auquel les comportements problématiques débutent est un indicateur à ne pas négliger. Plus ils sont précoces, plus ils devraient être abordés rapidement. Leur persistance (fréquence, stabilité), l’aggravation (violence) et leur diversification sont des indices pouvant soulever des inquiétudes.

La majorité des jeunes passe la plus grande partie de leur temps à l’école. Il va de soi que les attitudes qu’ils adoptent au sein de cette institution fassent l’objet d’une attention particulière. L’absentéisme scolaire est fréquent. C’est ce qu’il occasionne, comme les temps libres, qui paraît davantage problématique (l’oisiveté est la mère de tous les vices). Décrocher et se diriger vers le marché du travail, c’est tout autre chose. Les résultats scolaires, de leur côté, n’auraient que des impacts, lorsque combinés à des troubles de comportements graves, souvent précurseurs d’une baisse d’intérêt pour l’apprentissage (Spivack, 1983).

Les substances intoxicantes ne sont pas à négliger, certes, mais la consommation à elle seule ne constitue pas une cause, mais plutôt un symptôme. En raison du coût parfois exorbitant lié à celles-ci, des effets criminogènes causés et du contact indirect avec le monde de la drogue, cette habitude force parfois certains à emprunter le chemin de la criminalité, par facilité ou appât du gain. L’œuf ou la poule? Sans qu’une réponse unanime existe réellement, l’un affecte forcément l’autre.

Non sans négliger leur impact positif, les pairs représentent un facteur de risque important, surtout lorsqu’ils empruntent un chemin délictueux. Plus votre jeune vieillit, moins il se fie à votre opinion, et plus celle de ceux qui l’entourent compte. Lorsqu’ils sont délinquants, leurs amis sont tous susceptibles de devenir d’éventuels complices. Seulement un crime sur quatre serait commis seul (Leblanc, 1968) et il est prouvé que la délinquance à l’adolescence est « une activité » effectuée en groupe (Cusson, 1981). Ces tendances peuvent dissimuler d’autres quêtes ou problématiques, parfois même inconscientes, comme l’approbation extérieure, la reconnaissance d’autrui, le conformisme ou l’influençabilité.

Finalement, les criminologues utilisent des outils actuariels leur permettant d’évaluer le contrevenant en fonction du risque qu’il représente. Il est donc primordial d’observer sept sphères importantes de la vie de l’adolescent, comme nous pourrions nous-mêmes analyser la nôtre.

  1. Vie personnelle et affective (la gestion des émotions, l’affirmation de soi)
  2. Relations matrimoniales et familiales (violence conjugale)
  3. Toxicomanie (usage de drogues, dépendance)
  4. Éducation et emploi (décrochage, absentéisme)
  5. Attitude (perception de l’autorité, valeurs criminelles)
  6. Fonctionnement en communauté (maturité, respect de ses engagements et des exigences de la vie)
  7. Fréquentations (pairs délinquants ou toxicomanes)

Lorsque les besoins sont identifiés, un genre de processus de réadaptation s’enclenche, à partir des éléments qui auront été considérés comme problématiques ou contributifs au passage à l’acte. Or, il ne s’agit pas ici d’un outil universel, dans la mesure où chaque trajectoire est différente, ce qui rend le processus d’autant plus compliqué.

Des pistes d’intervention efficaces auprès d’un adolescent qui emprunte la voie de la délinquance

La théorie du choix™, popularisée par Francine Bélair, créatrice du mouvement Réalité Thérapie Pro-Action Inc., et inspirée de la thérapie de la réalité du Dr William Glasser, met l’accent sur les cinq besoins auxquels nous répondons par nos choix quotidiens. Elle redonne du contrôle, car elle est axée sur la propre responsabilité de la personne. Sommairement, elle stipule que des désirs, conscients ou inconscients, sont les causes de certains comportements adoptés. Les besoins d’appartenance, de survie, de pouvoir, de liberté et de plaisir chercheraient tous à être comblés. La thérapie sous-jacente suggère d’identifier d’abord les volontés qui sont liées à l’agir afin d’évaluer si les conduites adoptées vont dans le même sens (1996). En d’autres mots : est-ce que mes choix me procurent ce que je veux? Pour plus de détails, nous vous suggérons fortement la lecture de l’œuvre de l’auteure ci-haut mentionnée.

Côté pratique

Une avenue intéressante et centrée sur l’adolescent est l’entretien motivationnel. Selon Miller et Rollnick (2006), l’approche motivationnelle se définit comme « une méthode de communication centrée sur le client dont l’intérêt est bien démontré dans les situations où ambivalence et motivation sont au cœur des processus de changement. L’entretien motivationnel concerne particulièrement les addictions, l’éducation thérapeutique, l’intervention sociale. À chaque fois qu’il est à la fois utile et difficile de modifier un comportement problématique, voire tout simplement de faire un choix. »

C’est à votre ado de déterminer le changement à faire, c’est-à-dire que c’est à lui de se responsabiliser et de choisir de changer un comportement quelconque. C’est à lui seul que revient la décision. Toutefois, il doit saisir que ses parents représentent les bases de son évolution et qu’il pourra s’y fier en tout temps. Votre ado doit être au courant de tous les facteurs qui entourent sa décision et c’est avec l’entretien motivationnel qu’il peut y voir clair.

Exercice à faire avec votre ado:  Comprendre l’ambivalence du discours de l’adolescent

Statu quoChangement
Avantages (1)Désavantages (2)Avantages (4)Désavantages (3)

Étape 1 – Se servir d’une échelle de motivation face au changement : 1 à 10

Suivre l’ordre proposé permet de réduire les défenses du sujet, car il comprend que nous prenons également en compte les aspects positifs du statu quo. L’effet de récence (Asch, 1946), qui stipule que nous accordons plus d’importance aux informations récentes, viendra possiblement jouer un rôle bénéfique dans la mesure où la dernière information abordée penchera vers le changement. Quant à l’effet de primauté (Asch, 1946), nous sommes d’avis qu’il n’aura que très peu d’impact, étant donné que nous pouvons supposer que le jeune aura déjà effectué un balancier penchant vers la voie empruntée, nécessitant maintenant une redirection.

Étape 2 – Demander à l’adolescent pourquoi son chiffre n’est pas plus bas dans l’échelle 

Le but est de susciter une réflexion en lien avec ce qui est déjà motivant pour lui dans le changement. Il sera donc porté à pencher vers le changement, car il aura à défendre sa position à l’aide de ce qui l’éloigne du comportement nocif.

Étape 3 – Demandez-lui ce qu’il lui faudrait afin d’augmenter son niveau de motivation personnelle

En tant que parent, comment bien soutenir son ado?

Quatre principes de base de l’entretien motivationnel :

  1. Exprimer de l’empathie : l’acceptation facilite le changement et l’ambivalence.
  2. Développer les contradictions : le changement est motivé par la perception d’une divergence entre le comportement présent et les valeurs personnelles.
  3. Rouler avec la résistance : éviter la morale et de s’opposer à la résistance. Il est important de comprendre que la résistance de votre ado à changer son comportement fait partie du processus, c’est un signal pour changer d’attitude. On invite à de nouveaux points de vue, et ce, sans les imposer. L’ado doit être la source première de ses réponses et solutions.
  4. Renforcer le sentiment d’efficacité personnelle : il faut bien saisir que le crédit accordé par votre ado à ses possibilités de changement est un élément important de la motivation, c’est réellement l’ado qui est responsable de ses choix.

Nous vous encourageons à prédire les capacités de changement de votre ado, ce qui favorise sa réalisation.

Les petits secrets :
–  Nous pouvons prédire ce que l’adolescent va faire par ce qu’il dit, environ 85 % du temps. L’entretien motivationnel influence ce que votre adolescent dit en faisant progresser le moteur de changement (les désavantages du statu quo et les avantages du changement) et en diminuant également la résistance de votre ado.

–  Deux aspects de la motivation chez l’adolescent : l’importance du changement et la confiance en ses propres capacités d’effectuer le changement désiré dans sa vie.

Épauler son ado sans le réprimander

N’oubliez pas : on ne peut pas demander à quelqu’un de changer plusieurs comportements à la fois. L’importance des valeurs reliées à l’éducation de votre ado peut être partagée dans la discussion. Nous vous invitons à prendre le temps de discuter avec votre ado, tout en ayant un ton calme et disposé à comprendre la problématique et à trouver des solutions.

  • Serais-tu d’accord pour qu’on discute de la situation actuelle?
  • Quelle est la prochaine étape, pour toi
  • Quel est le niveau d’importance pour toi d’effectuer ce changement dans ta vie?
  • Quel est ton niveau de confiance personnelle en tes propres capacités d’effectuer ce changement?
  • Quelles sont tes valeurs, les nôtres? Qu’est-ce que chacune d’entre elles représente pour toi? Sont-elles importantes pour toi?
  • Comment souhaites-tu aligner ton mode de vie avec tes valeurs?
  • Je suis convaincu(e) que lorsque tu t’engageras à réaliser ce changement, tu trouveras une façon de le concrétiser, à ta manière. Qu’en penses-tu?
  • Peu importe ce que tu décides de faire, petit changement ou gros changement, nous serons là.
  • On ne t’impose rien, on essaie de te comprendre du mieux qu’on peut. Nous désirons être de bons guides pour toi.
  • Je pense que tu as raison à ce sujet.
  • Je comprends en quoi cela pourrait te préoccuper.
  • Je dois te dire que si j’étais à ta place, j’aurais du mal à gérer mes attentes et celles de mes parents, ce n’est pas évident.
  • Je comprends qu’il est difficile pour toi d’entamer cette discussion. Si on y allait une étape à la fois ?
  • Quelles sont tes inquiétudes par rapport à la situation actuelle?
  • Comment, en tant que parent, je peux t’aider à atteindre tes buts? C’est mon seul souhait, à présent.

À retenir : c’est votre ado qui doit partager les arguments en faveur du changement.

À éviter : donner des ordres, diriger la conversation, faire la morale, juger ou persuader de façon logique.

À savoir : « La délinquance est un épiphénomène de l’adolescence, dit Clément Laporte. Même les jeunes de bonne famille n’y échappent pas. Qu’ils proviennent de familles riches ou pauvres, les adolescents se livrent tout autant à la petite délinquance. » Quand elle survient entre 12 et 18 ans, elle fait partie du processus normal de socialisation de l’adolescent, poursuit-il. À travers ces comportements, il teste les valeurs de ses parents et des personnes en position d’autorité.

La réponse de l’environnement tout comme les limites et les sanctions imposées vont lui permettre de s’ajuster et d’intégrer ses valeurs.

Martin Tison est psychoéducateur à l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont, à Montréal. Depuis 15 ans, il a vu défiler dans son bureau des centaines de jeunes en crise et leurs parents, plusieurs provenant de milieux aisés. Pas facile d’être à la hauteur de certains parents qui sont des modèles de réussite, dit-il.

« Qu’il y ait ou non des pressions de la part des parents, parfois, la barre semble trop haute. Ne se sentant pas capable de livrer la marchandise, l’ado voit l’image qu’il a de lui-même faiblir. Une part de ces adolescents en recherche identitaire va se rebeller et tourner cette agressivité vers l’extérieur. »

Il est important de faire la différence et de bien saisir la nature comportementale de nos ados. Certains jeunes ont un caractère bouillant de nature, sont plus impulsifs que la moyenne, tolèrent moins les frustrations et s’opposent davantage à leur entourage, parfois même dès la petite enfance. Plus tard, ils ne mesurent pas complètement les conséquences de leurs gestes, sont moins sujets à l’autocritique et rejettent plus facilement le blâme sur les autres. La capacité des parents à bien canaliser l’énergie de ces jeunes est cruciale, surtout dans un environnement qui peut favoriser l’émergence de comportements délinquants (exemple : entrée au secondaire, nouveaux amis, etc.).

Mais comment faire?

Il faut apprendre à l’adolescent à exprimer sa frustration autrement:

Du côté de l’ado : dire calmement ce qui lui déplaît, nommer ses émotions et chercher des compromis.

Du côté parental : ne pas tolérer les comportements inadéquats, dès qu’ils se manifestent. Toutefois, par ses mauvais coups, l’enfant ou l’adolescent semble souvent chercher l’attention des parents. Alors, il ne faut pas lui donner de l’attention seulement lorsqu’il agit mal, mais encourager aussi, deux fois plutôt qu’une, les comportements adéquats.

« C’est lorsque les parents communiquent peu avec leur enfant, l’encadrent mal et ne sont pas assez disponibles que le jeune risque le plus d’avoir des comportements déviants », observe le criminologue Marc Leblanc.

Une éducation trop permissive ou trop stricte est aussi à proscrire, explique Marie-Claude Boutet.

« La première ne permet pas au jeune d’apprendre à respecter les règles, à tolérer la frustration, à attendre avant d’obtenir ce qu’il veut et à mesurer les conséquences de ses gestes. »

À l’inverse, une éducation trop stricte brime l’affirmation de soi, avance-t-elle. À l’adolescence, une partie de ces jeunes continueront d’obéir aux parents, mais certains vont littéralement exploser, se révolter et vouloir défier les règles.

Autre erreur à éviter : ne pas être cohérent dans l’application des règles. Si maman dit non et papa dit oui, si maman dit oui un jour et non le suivant ou change son fusil d’épaule selon le contexte, la confusion est au rendez-vous. Si les règles ne sont pas constantes, l’adolescent ne peut pas bien les intégrer. « Si ce qu’on attend du jeune n’est pas clair, il va mettre le doigt sur nos contradictions, retenir ce qui lui convient et faire à sa guise », avance Martin Tison.

Lorsqu’un jeune pose des actes délinquants avant 12 ans, c’est sérieux, martèle Marc Leblanc. «Quand on étudie le passé des délinquants criminels, judiciarisés, on constate qu’ils ont commencé leur « carrière » avant l’adolescence. » Lorsque la délinquance débute à l’adolescence, le jeune a déjà acquis des habiletés sociales, précise Nadine Lanctôt, professeure au Département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la délinquance des adolescents et des adolescentes. « Il a une fondation en place qui va l’aider à comprendre qu’il doit en fin de compte passer à autre chose pour atteindre ses buts. »

Quels pouvoirs ont les parents pour faire cesser les comportements délinquants?

Nul doute qu’ils en ont si le lien d’attachement et la communication sont encore présents. Si la relation est un cul-de-sac, on peut demander l’aide d’une personne significative de l’entourage : oncle, cousin, ami du couple, professeur, etc., vers qui l’ado pourra aussi se tourner momentanément. Sinon, il n’est jamais trop tard pour imposer des règles claires et cohérentes, négociées avec l’ado, et les faire suivre, en misant sur une conséquence constructive.

Aussi, si le jeune a des comportements délinquants, c’est que ces derniers répondent à un besoin.

La délinquance est un moyen facile et rapide d’obtenir un statut, du pouvoir, de la reconnaissance, des biens qu’on ne peut s’offrir autrement. Le parent doit sonder les motifs qui se cachent derrière ces comportements et proposer à son ado d’autres façons de satisfaire les besoins nommés.

Les spécialistes à consulter

Nous comprenons que l’implication sur le plan émotionnel peut influencer la discussion avec votre ado. Voici un chemin où des intervenants spécialisés peuvent accompagner votre ado dans une démarche.

Psychoéducateur : relation d’aide basée sur le lien de confiance et les capacités adaptatives de l’individu. Évaluation de l’adaptation de l’individu dans son environnement.

Rôle : le psychoéducateur intervient auprès de personnes aux prises avec des difficultés d’adaptation se manifestant sur le plan comportemental dans leurs différents milieux de vie. Le psychoéducateur privilégie l’action sur le terrain. Il est présent dans le quotidien des personnes qu’il accompagne. Il évalue différentes problématiques et propose des solutions propres aux besoins de chacun des individus à qui il vient en aide.

Nous vous invitons à jeter un coup d’œil sur ce site : http://www.ordrepsed.qc.ca/fr/grand-public/quand-consulter-un-psychoeducateur/

 

Éducateur spécialisé ou travailleur social : intervenant scolaire en qui l’adolescent peut créer un lien de confiance.

Rôle : il est important que l’adolescent se sente en confiance auprès de l’adulte spécialiste. C’est la base de la relation d’aide. L’adulte peut alors faire une écoute active des propos de l’adolescent pour ensuite le faire réfléchir à sa situation et ainsi l’accompagner dans une démarche de changement.

 

Intervenant en toxicomanie

Rôle : les intervenants en toxicomanie peuvent aider les clients à déceler et à affronter les problèmes de dépendances (exemple : alcool, drogues, jeu) grâce aux programmes de traitement et de prévention. Il fournit à l’adolescent de l’information visant à réduire les conséquences dommageables du comportement lorsqu’il se produit.

 

Conclusion
Somme toute, la question reste à savoir comment présenter à l’adolescent sa réalité, qui peut être déplaisante, de telle façon que la personne puisse s’y confronter et ainsi la changer. Ne jouez pas à l’expert avec votre ado : vous êtes en partenariat avec lui et vous voulez fournir une atmosphère propice au changement et non coercitive! N’oubliez pas : s’il y a un problème, il existe une solution, et s’il n’existe aucune solution, c’est qu’il n’y a pas de problème.

À retenir

  • La délinquance englobe plusieurs aspects et se définit comme les comportements ou attitudes que la société ne cautionne pas, qui causent des torts et qui vont à l’encontre des lois prévues.
  • Pour dépister la délinquance, l’attitude, les gestes, les choix et les paroles de vos adolescents sont importants.
  • La théorie du choix et l’entretien motivationnel sont des pistes intéressantes pour intervenir auprès d’un adolescent délinquant.
  • Exprimer de l’empathie et développer le sentiment d’efficacité personnelle de son ado sont des manières de l’épauler.
  • Lors des discussions avec son ado, il est important d’être disposé à comprendre et à trouver des solutions.
  • Le psychoéducateur, l’intervenant en toxicomanie, l’éducateur spécialisé et le travailleur social peuvent apporter une aide précieuse.

Références

  • Assaad, J.-M., et Kayser, Jo. (2018). Introduction à l’entretien motivationnel, PsyMontréal inc.
  • Couture, A. (2012). L’entretien motivationnel chez les jeunes faisant partie d’un gang de rue. Rapport de stage en criminologie, Université de Montréal, Montréal.
  • Cusson, M. (1981). Délinquants pourquoi? Montréal : Hurtubise HMH, Paris : Armand Colin. Réédition : Bibliothèque Québécoise en 1989.
  • Bélair, F. (1996). Pour le meilleur… jamais pour le pire, Québec, Chenelière Éducation.
  • Fréchette, M. (1975). Délinquance, socialisation et névrosisme, Criminologie, p. 53-84.
  • Leblanc, M. (1984). « De la délinquance juvénile à la délinquance adulte», Santé mentale au Québec, vol. 9, no 2, p. 83-87.
  • Leslie, K. (2008). « La réduction des méfaits : Une démarche pour réduire les comportements à risque des adolescents en matière de santé », Pediatric Child Health, vol. 13, no 1, p. 57-60.
  • Miller, W.-R., et Rollnick, S. (2013). L’entretien motivationnel : aider la personne à engager le changement, 2e éd., Paris, InterÉditions (1re éd. en 2006).
  • Ouimet, M. (1985). « La délinquance à l’adolescence », dans Szabo, D., et LeBlanc, M. (dir), La criminologie empirique au Québec: phénomènes criminels et justice pénale, Montréal, Presses de l’Université de Montréal.
  • Pro-Action (2014). La théorie du choix. Site accessible à l’adresse , consulté le 21 mars 2018.
  • Soubiran-Paillet, F. (1987). « Presse et délinquance ou comment lire entre les signes, Criminologie, vol. 20, no 1, p. 59-77.
  • Spivack, G. (1983) High Risk Early Behaviors Indicating Vulnerability to Delinquency in the Community and School-A Fifteen-Year Longitudinal Study, Report to the Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention, Philadelphie, Hahnemann University.

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