La vie, après…

Retour

Et ces fois-là, à travers vos larmes, vous découvrirez la beauté de la vie d’une manière qui vous était encore inconnue.

Maman, pourquoi tu pleures?

Ouf.

Je déteste quand mes enfants me voient pleurer.
Je trouve ça d’ailleurs assez ridicule de détester ça. Je m’efforce d’être toujours ouverte et franche avec mes enfants, mais quand vient le temps de l’être au niveau des émotions, ce n’est pas si facile.

Ça ne se passe pas comme je le souhaiterais.

Je pleure rarement alors quand ça arrive, mes enfants ont toujours mille-et-une questions à me poser sur le « pourquoi-du-comment ». C’est normal qu’ils veuillent comprendre: ils n’aiment pas me voir triste.

Je les laisse donc me poser leurs questions, et j’y réponds du mieux que je peux.

Mais quand l’émotion me prend à la gorge et s’empare de moi, je trouve ça bien difficile de rationaliser et d’arriver à leur expliquer ce que je vis d’une bonne façon. Dans ces temps-là, je demande une pause. Je prends le temps de pleurer ce que j’ai à pleurer, de me calmer, et de leur revenir mieux disposé.

Tu es triste, maman?
– Oui, je suis triste, mon petit poulet…
– Pourquoi, maman?

J’ai du mal avec ces échanges. Profondément.
Ça vient me chercher dans mes tripes.
Je préfère rire et m’amuser avec eux, découvrir, partir à l’aventure.
Je préfère la vie tranquille, les jours de beau soleil.
Je préfèrerais les protéger, leur épargner la peine, le désarroi.

Oui. Mais.

Je sais aussi que ce sont toutes les émotions qui font la beauté de la vie.
Je sais qu’on apprend à se connaitre dans les tempêtes, qu’on découvre la lumière dans la noirceur, et que trébucher nous rend plus fort.

– Je suis triste parce que j’ai perdu des gens qui comptaient beaucoup pour moi, mon amour. Des personnes avec lesquelles j’ai vécu plein de belles choses et qui vont toujours avoir une place importante dans mon cœur.

Comment tu as pu les perdre, maman?

Des fois, ça peut arriver qu’on y puisse rien, que la seule chose à faire soit de l’accepter. Et dans ce temps-là, c’est bien normal d’avoir de la peine.

La vie, c’est aussi des deuils.
Des plus petits, d’autres plus grands.

Le deuil, c’est accepter ce qui n’est plus.
C’est accueillir sa vie autrement.
C’est se rappeler avec bonheur de ce qui a été et apprendre à ne pas constamment s’y arrêter.

Oui, mes amours: maman pleure parfois.
La vie n’est pas une longue ligne droite.
Vous l’apprendrez, ça va de soi.

Parfois, vous pleurerez, vous aussi.
Et ces fois-là, à travers vos larmes, vous découvrirez la beauté de la vie d’une manière qui vous était encore inconnue.

Souvenez-vous de ne pas avoir peur de la douleur, de ne pas la faire taire.
Car quand la souffrance se sera dissipée, elle vous aura fait grandir.
La lumière revient toujours.

Biographie

Coordonnatrice (au travail) & Maman (tout le temps)

Curieuse, pétillante, avide de connaissances et de découvertes, Anne gravite dans les mondes de l’éducation et de l’entrepreneuriat depuis plus de 10 ans. Forte de son chemin atypique et des écueils qui ont embellis sa vie, elle est aussi – surtout! – la maman de deux magnifiques garçons, petits bouts de vie plein d’énergie. Avec vous, elle partage son quotidien, recueil de mots épars, de bisous volés, de ruisseaux sur les joues et d’éclats de rire qui résonnent partout.

Lire la suite →

Sur le même thème

Article

S’adapter pour mieux s’intégrer: trois femmes se racontent

Comment réussir à s’adapter pour bien s’intégrer dans un pays quand on est immigrant? Comment et où faut-il aller chercher de l’information? Quand on a…

Blogue

Aprann pitit ou otonòm, yon eksperyans ki gen anpil richès

«Non manman, mwen vle mete rad sou mwen pou kont mwen. Mwen gran kounyea», se sa Maya dim lèm vle ede li mete rad sou…

Blogue

Dysphasie: le cheminement courageux d’une maman

Être maman comporte déjà son lot de défis, mais être maman de trois enfants dont deux des filles sont dysphasiques demande une bonne dose de…

Article

Rive adapte pou ka byen viv entegrasyon: tande eksperyans 3 imigran

Kijan imigran yo ka fè pou yo rive viv nan peyi kote yap viv la? Kijan pou yo ale chèche enfòmasyon yo bezwen yo? Kijan…
5 à 17 ans

Article

Déconfiner en conscience… et en famille

Confinement oblige, nous avons dû abandonner notre manière de vivre au cours des derniers mois pour en inventer une nouvelle. Mais maintenant que le vent…