L’impuissance d’une mère

Être parent vient certes avec son lot de défis, et laisser expérimenter ses enfants s’avère sûrement l’un des plus difficiles. Vous vous reconnaîtrez peut-être dans ce témoignage!

L’impuissance d’une mère

On ne m’avait pas dit que ce serait si difficile de les laisser avancer dans la vie. Non, on me l’avait dit. Mais quand on annonce la partie plate, le réflexe est évidemment de ne pas y croire, de penser qu’on fera mieux que les autres. Et on frappe le mur, comme les autres.

En fait, quand tout va bien et qu’ils suivent la petite ligne que l’on avait tracé, les laisser faire leur petit chemin, c’est juste du gros plaisir. On les regarde avancer, un petit sourire en coin, en se disant qu’on a donc fait une bonne job! Le problème se pose lorsqu’ils décident de faire du hors-piste. Comment pourrais-je dire ça… Ça apporte un peu d’instabilité. Je ne sais de votre côté, mais du mien, l’instabilité ne se vit pas très bien.

# À découvrirSe préparer pour la rentrée… dans le plaisirPlus de détails →

Évidemment, comme toute bonne mère, je souhaite le meilleur pour mes enfants. Le problème, c’est qu’ils doivent faire de petits bouts par eux-mêmes pour y arriver. Ça demande de l’effort de la part de l’enfant et un grand lâcher-prise du côté de la maman… Parce que cet effort, on n’a pas le contrôle dessus. On peut leur offrir un milieu adéquat, une bonne alimentation, de bonnes habitudes de vie, les inscrire à des activités sportives, les écouter si par un heureux hasard ils daignent se livrer, couper le wifi, imposer des règlements, les ajuster, en ajouter, interdire, se raviser… Bref, on peut s’investir pour leur donner le meilleur, mais l’effort, on ne peut pas le fournir à leur place.

Je veux bien encourager, mais je ne suis pas une cheerleader! Et si je repense à mon parcours à moi, vient un temps où les parents ne sont plus les meilleurs conseillers.

Les parents savent ce qui s’en vient, les enfants ne souhaitent pas vraiment le savoir. Ils ont besoin de le vivre.

On peut toujours essayer et espérer qu’une petite partie de notre discours aura passé. Mais je pense que ce qui est essentiel, c’est faire confiance.

Je répète moi-même à qui veut bien l’entendre que, dans la vie, on a le droit de se tromper. Je crois avoir appris davantage lors des moments les plus difficiles. C’est ce qui fait de nous des personnes plus fortes, c’est ce qui nous construit. Ça fait mal, mais ça marche. Je dois donc apprendre à les laisser se tromper. Ça, c’est la partie difficile de l’histoire. La partie plate qu’on m’avait annoncée. Comment je vais faire ça… Ben je n’en ai aucune idée!!! Je planche là-dessus! Je vais m’acheter plusieurs boîtes de mouchoirs (je suis quelque peu pleurnicharde par moments!) et je vais mettre à contribution tout l’amour que j’ai pour eux. Je pense que c’est un bon début. Suis-je en train d’essayer de me convaincre que tout ira bien? Peut-être… Mais je suis, paraîtrait-il, le capitaine de ce petit bateau. Ça serait malheureux de le laisser couler!

Commentaires