Conciliation travail-famille: des entreprises qui s’adaptent à la nouvelle réalité des parents

Comment réussir à être efficace quand la table de cuisine sert de bureau? Comment compléter les dossiers ou participer à une réunion virtuelle quand le petit dernier fait sa crise? La conciliation travail-famille est plus que jamais d’actualité et les entrepreneurs et les gestionnaires doivent mettre en place des mesures adaptatives pour leurs employés qui sont aussi des parents afin que chacun y trouve son compte. Témoignages qui mettent en lumière des stratégies qui sont le résultat d’un peu de compromis, de beaucoup de créativité et d’une bonne dose de lâcher-prise.

Depuis déjà plusieurs semaines, nos vies se sont transformées. Du jour au lendemain nous nous sommes retrouvés face à une situation de crise qui nous a forcés à revoir nos habitudes quotidiennes. Le métro, boulot dodo d’avant le Coronavirus a été remplacé par le confinement à la maison, la distanciation sociale et le télétravail.

La fermeture des écoles a poussé des milliers de parents à réorganiser leur quotidien et à inventer de nouvelles façons de faire et d’être. Confinement à la maison oblige, le monde du travail connait actuellement une petite révolution et les entreprises ont plus que jamais recours au télétravail. À ce titre Teams (Microsoft), une plateforme très populaire de gestion de tâches est passée de 32 millions à 44 millions d’utilisateurs au mois de mars, une augmentation de 35 % en 7 jours, et de plus de 120 % en 4 mois. Ces chiffres témoignent de la recrudescence du télétravail qui oblige les entreprises à mettre en place des façons de faire qui favorisent la conciliation travail-famille.

La plateforme Aidersonenfant.com s’est entretenue avec des gestionnaires et des entrepreneurs pour voir comment ils s’étaient adaptés à la réalité des parents qui doivent conjuguer avec marmaille et télétravail. Des parents qui, dans ce contexte, doivent s’occuper du petit dernier tout en complétant leurs dossiers.

Flexibilité et bonne volonté

Chef de file dans le domaine de l’alimentation santé et de produits naturels, les magasins Avril, entreprise familiale dont le siège social est à Granby comptent plus de mille employés et huit magasins. Directrice des ressources humaines chez Avril, Marie-Gaëlle Lacasse explique comment la chaîne d’alimentation a dû s’adapter à la nouvelle réalité des employés dont les enfants sont à la maison depuis la fermeture des écoles. «La fermeture des écoles a été l’élément déclencheur et ce sont nos employés qui sont parents que nous avons dû placer en télétravail en premier lieu.» Mais bien avant le confinement à la maison, l’entreprise faisait déjà preuve de flexibilité pour les employés qui ont de jeunes enfants. Elle explique: «L’une de nos employées a des jumeaux et pour elle c’est plus simple de commencer à travailler plus tôt de la maison avant d’aller conduire ses enfants à la garderie. Elle arrive au bureau un peu plus tard, mais le travail qu’elle devait faire le matin a été fait de chez elle. Depuis le début du confinement, elle a ses jumeaux à temps plein à la maison alors nous faisons preuve de flexibilité quant à son horaire.

L’employeur a également le souci d’offrir un programme d’aide aux employés qui offre entre autres des ressources d’aide psychologique. «Un de nos enjeux est de voir à la santé psychologique de nos employés particulièrement en temps de crise. Nous faisons affaire avec une firme spécialisée et nos employés ont accès à une ligne téléphonique et un centre de ressources de données sur Internet qu’ils peuvent consulter; ils y retrouvent des articles, des guides, etc. Tous nos employés ont également droit à six heures de consultation par année avec un.e psychologue.»

Selon un sondage Léger, 55% des parents seraient prêts à changer d'emploi si on leur offrait de meilleures mesures conciliation travail-famille.

L’entreprise québécoise a également créé un groupe sur la plateforme Workplace, un outil créé par Facebook qui permet aux employés de communiquer entre eux et d’échanger des informations. «On a créé un groupe pour les gens qui sont en télétravail présentement et on pose des questions, on suscite l’interaction et on essaie de garder un peu le sentiment d’avoir des collègues, le petit côté social est important et nous n’avons pas eu de gros enjeux de santé mentale jusqu’à présent», soutient-elle.

Conciliation travail-famille: l’art du compromis

Faire preuve de flexibilité, c’est bien ce que les employeurs ont dû faire depuis le début de la crise. Selon l’enquête Perspectives parents réalisée par l’Institut de la statistique du Québec, la conciliation travail-famille est une source de stress importante pour 66% des  parents d’enfants de 0 à 5 ans. De son côté, le ministère de la Famille a révélé que le fait de concilier travail et famille est associé à un niveau de pression élevé chez la majorité des parents d’enfants de tous âges en emploi au Québec.

Sylvain Dion est à la tête de montechnicien.com, une entreprise de Ti qui compte dix-huit employés dont environ la moitié sont des parents. La conciliation travail-famille est au cœur de l’entreprise depuis un certain temps déjà: «Ça fait longtemps qu’on est ouvert à accommoder nos employés qui sont parents et on est en train de regarder pour avoir la certification travail-famille (CTF), donc il y a déjà beaucoup d’ouverture et de flexibilité de notre côté que ce soit pour les horaires de travail ou des congés que les parents peuvent prendre pour passer du temps avec leurs enfants.»

L’entrepreneur a dès le début de la crise offert à ses employés de faire du télétravail, mais la majorité de ceux qui n’ont pas d’enfants ou dont le conjoint.e est à la maison a refusé préférant rester sur place pour avoir accès à leurs dossiers. Pour ceux-ci, un espace de coworking divisé par des zones bien définies par un tracé par terre a été mis en place. Pour les autres, les outils pour faire du télétravail ont été fournis dès le jour un.

Lors d’un sondage mené par le ministère de la Famille en 2015, 90% des 7 958 employeurs interrogés disaient offrir des mesures de conciliation famille-travail.

Mais Sylvain Dion a dû faire face à un autre défi, car certains employés ont crié à l’injustice et le gestionnaire a dû trancher. Ceux qui travaillent à partir du bureau à quarante heures semaine reçoivent leur plein salaire et les parents qui travaillaient de la maison avec des heures coupées parce qu’ils doivent s’occuper de leurs enfants tout en travaillant reçoivent 75% de leur salaire. Il explique: «La subvention du gouvernement qui paie 75% du salaire des employés a fait la différence. Sans cette subvention, ce serait complètement différent dans le sens qu’il faudrait être beaucoup plus près de ce que l’on facture, etc. On ne pourrait pas payer un employé quarante heures à la maison à s’occuper de ses enfants, il faudrait qu’il travaille à temps plein pour avoir un plein salaire, l’entreprise a une limite financière aussi. Mais l’employé qui ne peut vraiment pas travailler parce qu’il est monoparental reçoit une grande partie de son salaire quand même, on s’ajuste en fonction de ça.»

Chez Avril, le programme Prestation canadienne d’urgence (PCU) fait la différence. «On essaie de suivre les limites des employés et si une personne ne peut pas travailler plus de vingt heures semaine à cause de ses enfants, on l’accommode sans problème. Les salaires sont ajustés en conséquence entre ceux qui sont payés à l’heure et ceux qui ont des salaires annuels et le PCU compense», conclut-il.

La santé mentale avant tout

Travailler dans un bureau d’avocats est exigeant, il faut facturer des heures et surtout ne pas les compter. La carrière passe avant tout et la vie personnelle en prend pour son rhume. Chez Delegatus, un collectif d’avocats fondé dans le sous-sol de Pascale Pageau en 2005, il en est tout autrement.

La  jeune avocate, aujourd’hui maman de quatre enfants avaient envie de créer un environnement de travail qui met de l’avant le bonheur des avocats, des employés et des clients. Manon Boisvert, chef culture et talents auprès du collectif qui compte aujourd’hui trente-trois avocats, explique: «Les avocats qui se sont joints à nous dernièrement sont de jeunes parents qui souhaitent avoir une carrière qui ne compromet pas la famille.»

La conciliation travail-famille étant au coeur des préoccupations du collectif, Manon Boisvert et son équipe ont mis au point des mesures qui assurent à tous un environnement qui favorise tant l’équilibre au sein de la vie personnelle que professionnelle. «La santé mentale est fort importante et on veut s’assurer que tous nos avocats et tous nos employés vont bien. Afin qu’ils ne se sentent isolés ou abandonnés, nous avons mis en place plein de petits rituels qui s’inscrivent dans une routine.»

36% des parents rapportent que les mesures de conciliation famille-travail sont inexistantes dans leur milieu de travail. Cette proportion est beaucoup plus élevée chez les parents avec des horaires atypiques (72%) et chez les parents moins scolarisés (44%).

Prendre une pause virtuelle… tous ensemble

Les lundis matins débutent avec une réunion Teams pour tous les employés. «Pour les employés de bureau ça été un plus gros choc parce qu’ils faisaient du télétravail un jour semaine ou à peu près, mais là de vivre à la maison avec le conjoint et les enfants tout en travaillant c’est plus difficile.» L’après-midi l’équipe s’offre une pause juste pour prendre un moment pour se détendre «On s’envoie des petites vidéos drôles et on parle de tout et de rien », affirme Manon Boisvert.

Même si les avocats travaillaient déjà pas mal de la maison, s’adapter au télétravail en ayant les enfants tout près représente un réel défi. Pour détendre l’atmosphère un 5 à 7 est organisé tous les jeudis et depuis deux semaines, tout le collectif est invité à une séance de dix minutes de méditation.

«Je suis tellement heureuse! Mon travail consiste à rendre les gens heureux dans mon entreprise et de m’occuper de leur santé mentale et physique!»

-Manon Boisvert, chef culture et talents, Delagatus

Le contexte de confinement qui perdure amène son lot de soucis et d’inquiétudes et le fait de partager avec d’autres parents peut être une soupape salvatrice. «Tous les mardis matins nous proposons ce que l’on appelle le “café Teams”. C’est l’occasion pour les avocats de discuter entre eux de différents enjeux. Cette semaine, le retour à l’école des enfants étaient au cœur de la discussion et certains se demandaient s’ils allaient envoyer leurs enfants à l’école ou non», explique Madame Boisvert.

La question de l’école prend une place importante dans le contexte actuel. Certaines écoles font parvenir des devoirs aux élèves toujours confinés et les parents doivent superviser le tout. Manon Boisvert explique la réalité de plusieurs parents. «On a des avocats qui sont à 100% avec leurs enfants et il y en a qui en ont trois. Ils ont décidé de travailler moins parce qu’ils n’arrivent pas à tout faire. J’entendais un parent dire l’autre jour que s’il voulait respecter le programme suggéré par l’école de son enfant, il devait lui faire faire des mathématiques à 9 h et du français à 9 h 30 en plus d’avoir à imprimer certains documents pour les devoirs.»

«Ça va bien aller», mais comment ça va?

Le populaire slogan accompagné d’un arc-en-ciel continue d’être très présent sur les réseaux sociaux et plusieurs entreprises se sont même approprié le logo. Chez Delegatus, un sondage est envoyé toutes les deux semaines aux employés et une fois semaine aux avocats afin de sonder l’état de leur santé financière et mentale. La chef culture et talents explique : «On appelle ça notre “taux arc-en-ciel”. L’idée c’est de dire, oui, ça va bien aller, mais au-delà de tout, comment vas-tu, toi? En ce moment notre taux arc-en-ciel est à sept sur dix et je dirais que ça se maintient pas mal entre sept et huit sur dix. Hier, j’ai vu qu’une de nos employées était à quatre sur dix, alors Pascale (Pageau) lui a passé un coup de fil pour prendre de ses nouvelles. Quand on n’a pas de nouvelles d’un avocat, on prend le téléphone pour voir comment il va», conclut-elle.

Employée à temps partiel, maman à temps plein

Des employeurs qui s’ajustent et qui apportent leur appui aux parents en entreprise. Des employés qui jonglent avec le fait d’être parent et employé tout en étant confinés à la maison avec les enfants, tout le monde doit y mettre du sien, et quand on est parent, conjuguer travail et famille peut s’avérer un réel défi.

Pour Nadia, une maman de deux garçons, Étienne, 6 ans et demi et Louis-Philippe, 12 ans, le télétravail rime avec organisation, souplesse et lâcher-prise. Son conjoint, Steve est considéré comme travailleur essentiel étant donné qu’il fait la livraison de produits sanitaires dans les CHSLD, les hôpitaux et les CLSC. Donc, pas de télétravail pour lui, mais un horaire atypique qui permet de donner un répit à la maman qui en profite alors pour aller au bureau. «Je vais au bureau les lundis après-midi, les mardis matins et les vendredis après midi. Le reste du temps, je fais du télétravail», explique la maman.

Nadia travaille comme adjointe en bureau privé pour une psychologue situé à Granby depuis bientôt 6 ans. En temps normal, elle fait environ vingt-cinq heures semaine, mais depuis le début du confinement, conciliation travail-famille oblige, elle en fait environ quinze. Malgré tout, son employeur lui paie son plein salaire. «J’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir un employeur en or!»

Au bureau sans bureau

Nadia a dû faire avec les moyens du bord pour organiser sa nouvelle réalité. Elle explique: «Au début, les enfants sont allés chez les grands-parents, mais quand on a interdit les visites intergénérationnelles, il a fallu que l’on s’organise. Je m’installe dans la cuisine parce que je n’ai pas de bureau. J’installe parfois les garçons avec moi et j’en profite alors pour faire faire une petite dictée à Étienne qui est en première année. Louis-Philippe reste un peu avec nous, mais il descend jouer dans le sous-sol assez souvent et habituellement je réussis à faire un bon deux heures et demi d’affilées.» Il faut dire que l’aîné a une trisomie 21, accompagnée d’un TDAH, d’hyperactivité, d’impulsivité et d’un trouble de l’opposition. La maman explique: «Quand on a un enfant différent, on a l’habitude de toujours être à l’affût et d’avoir le petit hamster qui roule tout le temps dans notre tête. Depuis le début du confinement, je ressens la charge mentale que ça représente, il a fallu que je m’ajuste et que je lâche prise sur certaines choses parce que je ne peux pas tout contrôler.» Travailler de la maison comporte également ces moments un peu cocassses. Nadia ajoute en riant: «Ça m’arrive d’être au téléphone et d’entendre Louis-Philippe s’exclamer, crier, chanter ou dire des gros mots, je suis alors obligée de m’excuser auprès de la personne et de lui expliquer que je fais du télétravail.»

Prendre du temps pour soi: une question d’équilibre

Organiser le travail autour des activités et des besoins des enfants s’est fait de manière assez organique au début. «Pendant trois jours on a fait la routine de l’école. Quand papa partait à huit heures pour travailler on sortait dehors pour faire comme s’ils allaient à l’école et quand on rentrait on avait un horaire: 25 minutes de français, 25 minutes de mathématique ou d’anglais, on prenait une pause collation et on reprenait nos activités. On avait une période de  jeux libres, après ça, on reprenait un peu l’anglais.» Mais la maman qui a de l’énergie à revendre ne s’arrêtait pas là. «Je montais des parcours dans le sous-sol pour faire comme s’ils avaient de l’éducation physique et j’avais mon cellulaire pour garder le temps, mais la semaine d’après, j’ai vu que c’était trop pour Étienne, alors j’ai ralenti le rythme.»

Selon l’enquête Perspectives parents réalisée par l’Institut de la statistique du Québec: Près de la moitié des parents (48%) ont souvent ou toujours l’impression de courir toute la journée pour faire ce qu’ils ont à faire. De ce nombre, le quart (25%) d’entre eux ont souvent ou toujours l’impression de ne pas avoir assez de temps à consacrer à leurs enfants.

Ralentir le rythme et prendre un peu de temps pour elle est la clé qui fait que Nadia tient le coup. «Cinq à six matins par semaine, avant que mon conjoint parte, je vais m’entraîner trente minutes au sous-sol. Ça, ça m’aide beaucoup à faire mes journées. Souvent avant le souper, je m’assois avec les garçons dans le salon et je lis pendant qu’ils s’amusent avec la tablette ou qu’ils regardent un film. Mon conjoint, lui, s’affaire au souper», dit-elle avec contentement.

Malgré des journées très chargées, Nadia réussit à lâcher prise sur certaines choses. Elle affirme: «Une chose est certaine, il faut lâcher prise! Même s’il y a des jours où Étienne s’habille à 11 h c’est pas grave et les journées où il pleut et qu’il ne veut pas s’habiller, il reste en pyjamas.»

Malgré toute sa bonne volonté, lâcher prise dans le contexte actuel est un défi de tous les jours pour Nadia. «Le plus grand défi c’est d’accepter les choix que je fais dans la journée. Même si Étienne n’a finalement pas fait de français et que je ne réussis pas à tout faire ce que je voulais faire, je dois l’accepter et ne pas me sentir coupable», dit-elle, avec philosophie.

«Maman, pourquoi es-tu toujours sur ton ordinateur et que tu ne t’occupes pas de moi?»

-Étienne, 6 ans et demi

Mais qui dit télétravail dit devoir faire la coupure avec son environnement professionnel. Nadia affirme s’ennuyer du bureau. «Je t’avoue que je m’ennuie beaucoup du contact avec les patients qui bien souvent s’assoient devant moi plutôt que d’attendre dans la salle d’attente. Mais j’ai un bon moral et j’essaie de prendre les choses en riant. Mon conjoint et moi on est ensemble depuis vingt-deux ans bientôt on rit beaucoup, on rit de nos erreurs et ça aide beaucoup, beaucoup, beaucoup! Mais le fait de devoir travailler tout en m’occupant des enfants fait en sorte qu’en fin de journée je suis fatiguée et je me dis seigneur! C’est à ce moment que je demande à mon conjoint de prendre la relève», conclut-elle.

Cette période de confinement à la maison nous oblige à revoir notre façon de travailler et nous force à être créatifs dans l’organisation de la famille. Les entreprises à qui nous avons parlé ont toutes à cœur de faire en sorte que la conciliation travail-famille soit accessible plus que jamais.

Mais de façon générale, il y a encore du chemin à parcourir avant d’atteindre un équilibre entre travail et famille. Le télétravail en période de confinement a ses avantages, mais il a aussi ses effets pernicieux. En effet, comment tracer la ligne entre travail et vie familiale quand la table de cuisine sert de bureau de travail? Ainsi, selon l’enquête Perspectives parents réalisée par l’Institut de la statistique du Québec 48% des parents réalisent chaque semaine des tâches professionnelles en dehors de leur horaire de travail habituel.

Il y a cependant de l’espoir et les employeurs, qui sont parfois eux-mêmes parents,  prennent plus que jamais conscience que leurs employés ne sont pas que des employés, ils sont AUSSI des parents et tout comme eux, ils ont le coeur à la bonne place.

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