Déconfiner en conscience… et en famille

5 à 17 ans
Retour

Confinement oblige, nous avons dû abandonner notre manière de vivre au cours des derniers mois pour en inventer une nouvelle. Mais maintenant que le vent a tourné, comment allons-nous reprendre notre train-train quotidien avec les enfants? Comment allons-nous retrouver l'équilibre et quels choix de vie allons-nous faire?

L’arrivée du beau temps multiplie l’envie des rassemblements. Ajoutez à cela le déconfinement et vous obtiendrez une euphorie collective!

Comme parent, on peut déjà imaginer les partys de piscine et une horde d’enfants qui se ruent sur le bol de chips, y empoignant des croustilles, se léchant les doigts et y replongeant leurs mains de plus belle!

Pour certains, cette simple image fait monter le niveau de stress.

Pour d’autres, c’est l’idée de retrouver un rythme de vie plus effréné et toutes les obligations qu’on avait délaissées, «à cause» ou «grâce» à la pandémie, qui nous angoisse.

Alors que nous nous préparons à ce retour à la vie normale, il est temps de se questionner: «À la lumière de cette année pandémique qui a bouleversé nos repères, il est temps de s’en créer de nouveaux. Quelle sera notre nouvelle «norme»?» C’est à nous, en tant que famille, de la redéfinir.

Une année qui nous a changés

Avec l’année que nous venons de vivre, un constat est unanime: l’humain s’adapte.

Au début du confinement, ce brutal ralentissement forcé nous a pour la plupart déconcertés. Nos enfants tournaient en rond et s’ennuyaient, cherchant comment occuper leur temps. Nous étouffions entre nos 4 murs et rêvions d’évasion et de soirées entassées dans la cuisine avec les amis pendant que les enfants enjoués nous préparaient un spectacle au sous-sol.

Et maintenant, nous angoissons à l’idée de reprendre nos vies agitées là où on les avait laissées. Comment faisait-on pour maintenir la cadence? Alors que le pire est derrière nous, nous nous préparons au retour à la norme.

Une introspection s’impose: comment a-t-on envie de vivre les prochains mois? Quelle sera notre nouvelle norme? Le temps est venu de nous réapproprier notre quotidien en conscience, à la lumière de l’expérience que nous venons de vivre et des apprentissages qui en découlent.

Le fait d’avoir plus de temps nous a peut-être permis de nous reconnecter avec notre conjoint et nos enfants, de prendre le temps de les regarder, d’échanger avec eux, de rigoler un peu, étant moins catapultés d’une tâche à l’autre, entre les devoirs et le souper. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour la plupart, nous avons tous été changés par l’année qui vient de passer.

Faire de nouveaux choix

En ce qui a trait à la vie de famille, j’aimerais me pencher sur la gestion du temps et des priorités ainsi que sur l’importance d’être réellement présent à nos enfants, notre conjoint et surtout à nous-même.

Étant carencés d’activités et de contacts sociaux, on pourrait bien tomber dans le piège de vouloir en faire trop à nouveau, ayant à cœur de profiter de chaque opportunité.

Une amie me racontait que sa fille était dans une équipe compétitive de cheerleading. Bien que les nombreuses pratiques imposées étaient exigeantes, elle appréciait la rigueur que sa fille y développait et elle s’y était créé de fortes amitiés.

Quand la COVID-19 a éclaté, sa fille était attristée de devoir délaisser momentanément son sport.

Maintenant que les activités reprennent graduellement, cette dernière tient un tout autre discours. Elle a pris goût à cet espace-temps qui s’est créé et qu’elle a appris à meubler au gré de sa créativité. Le cheerleading et toute l’implication que ça exige n’est plus au cœur de ses priorités.

Cette maman m’exprimait qu’elle tenait à ce que sa fille pratique un sport. L’activité physique est importante pour elle. Par ailleurs, elle compte lui laisser la latitude de choisir celui qu’elle aimerait pratiquer et laisser de côté les sports à niveau compétitif, qui exigent une rigueur qui ont de moins en moins de sens pour leur quotidien familial.

Je trouve qu’il y a un bel équilibre entre le respect de l’enfant et le respect des valeurs familiales dans cet exemple. Une bonne balance entre le cadre (mon enfant doit choisir un sport) et une écoute de l’autre (un sport qui exige le niveau d’investissement que sa fille est prête à offrir).

Et je crois que pour accompagner nos enfants dans ce retour à la vie normale, il est primordial d’être davantage à leur écoute et de moduler le rythme de nos semaines et nos choix en fonction de notre énergie et de la leur.

Peut-être sera-t-il nécessaire d’intégrer des soirées libres dans l’horaire ou même des fins de semaines complètes une fois de temps en temps où l’on ne planifie rien à l’avance et on laisse l’envie du moment nous guider.

Comment déconfiner en famille: astuces du quotidien

  • Échangeons avec nos enfants par rapport à ce qu’ils ont aimé et moins aimé du confinement et demandons-leur de quoi ils ont le plus hâte par rapport au retour à la norme.
  • Allégeons nos horaires et laissons-nous l’espace d’être à l’écoute de nos envies du moment et de celles de nos enfants.
  • Afin de respecter les personnes que l’on rencontre, prenons l’habitude de leur faire une demande avant de leur faire la bise ou de leur donner un câlin et invitons nos enfants à faire la même chose.
  • Commençons par aller dans des endroits moins achalandés pour observer les comportements de nos enfants avant de faire de grosses sorties comme le zoo ou le parc d’attraction, qui nécessitent plus de gestion (distanciation, lavage de mains et autre).

Profiter des temps libres: source de mieux-être

Les périodes libres n’ont rien de banales. Ce sont des moments où l’on peut enfin se déposer et se recharger. N’étant pas organisés, nos enfants apprennent à user de créativité pour s’amuser et à apprivoiser la solitude ou l’ennui, deux éléments qui stimulent leur créativité et leur système D.

Ces moments favorisent aussi un contact avec nos émotions, notre monde intérieur… car à force de nous étourdir, nous n’avons plus le temps de ressentir ce qui est là pour nous et à long terme, cela peut se transformer en débordements émotionnels ou en surcharge mentale, car nous ne nous aménageons pas d’espace pour souffler, ventiler et relaxer.

Pour les enfants, c’est sous forme de crise que s’exprime immanquablement leur trop-plein. C’est pourquoi quand on les afflige de «t’es fatigué?» ou «t’es fâché?», ils nous répondent que NON! En effet, c’est juste que c’est TROP! Et quand c’est trop, ça déborde!

Plus de temps libre = moins de stress = moins de crises et de conflits.

Quand notre propre niveau de stress augmente, celui de nos enfants est directement impacté puisqu’ils sont des éponges à émotions. Notre état influence le leur. Comment se connecter à nos enfants si nous sommes déconnectés de nous-mêmes? En conséquence, quand nos enfants ne sont «pas gérables», prenons un pas de recul pour nous demander: «Moi, comment je me sens? Comment je vais?» Si vous êtes brûlé, vos enfants aussi le sont sûrement!

L’occasion de grandir ensemble et de faire des choix

En clair, développons la notion de responsabilité chez nos enfants. Quand on observe des comportements qui ne tiennent pas compte des mesures sanitaires de la part des autres, sortons de nos jugements et optons davantage pour des discussions ouvertes avec nos enfants sur les conséquences de certains comportements.

Parlons-leur de notre pouvoir de choisir nos actions en fonction de nos convictions en laissant les autres libres de leurs choix. Ainsi, on évite de cultiver l’animosité et on développe le discernement et le respect des différences chez nos jeunes.

À retenir

  • N'attendons pas que ce soit la vie qui nous submerge et prenons d’assaut les rennes de notre quotidien et créons-nous de nouvelles habitudes plus en phase avec nos besoins.
  • Impliquons davantage nos enfants dans leurs choix d’activités et la fréquence de celles-ci. Le temps libre est bénéfique pour la créativité et la régulation du stress ainsi que l’apaisement de nos émotions. En étant moins surchargés, nous sommes plus disponibles à nos enfants et pouvons mieux les accompagner dans leurs défis quotidiens.
  • Continuons à prioriser le temps en famille en conservant les habitudes que nous avons créées en famille et qui sont douces dans notre quotidien (cuisiner en famille le dimanche, pique-niquer dans la cour, faire une soirée jeux en pyjama le vendredi soir).

— Dernière mise à jour: 25 juin 2021

Biographie

Formatrice et conférencière chez COMMEunique

Vice-présidente et formatrice chez COMMEunique, une maison de formation qui se spécialise dans les relations humaines, Emilie a pour mission d’outiller les parents afin de leur redonner le plaisir de vivre ensemble un quotidien épanouissant. Passionnée et amoureuse de la vie, Emilie se définit comme un cœur d’enfant dans un corps de femme et un esprit rieur qui porte un regard émerveillé sur tout ce qui l’entoure. Cela explique probablement sa connexion naturelle avec les enfants, petits êtres pour qui elle voue un grand respect! Éducatrice en petite enfance pendant 10 ans, son milieu de travail a été un laboratoire d’explorations extraordinaires, où elle a pu expérimenter plusieurs approches éducatives auprès des enfants.

Lire la suite →

Sur le même thème

Blogue

Aprann pitit ou otonòm, yon eksperyans ki gen anpil richès

«Non manman, mwen vle mete rad sou mwen pou kont mwen. Mwen gran kounyea», se sa Maya dim lèm vle ede li mete rad sou…

Article

Rive adapte pou ka byen viv entegrasyon: tande eksperyans 3 imigran

Kijan imigran yo ka fè pou yo rive viv nan peyi kote yap viv la? Kijan pou yo ale chèche enfòmasyon yo bezwen yo? Kijan…

Blogue

Dysphasie: quand l’enfant devient une jeune adulte épanouie

Être une enfant et devoir faire face aux défis liés à la croissance et à la découverte du monde est une belle aventure parsemée de…

Blogue

Dysphasie: le cheminement courageux d’une maman

Être maman comporte déjà son lot de défis, mais être maman de trois enfants dont deux des filles sont dysphasiques demande une bonne dose de…

Article

S’adapter pour mieux s’intégrer: trois femmes se racontent

Comment réussir à s’adapter pour bien s’intégrer dans un pays quand on est immigrant? Comment et où faut-il aller chercher de l’information? Quand on a…