Quand les émotions se mêlent aux troubles d’apprentissage

Les émotions négatives comme le stress et le découragement sont fréquents chez les enfants, et leur impact est d’autant plus grand lorsqu’ils présentent des difficultés d’apprentissage. La solution : trouver la source de ces émotions pour mieux les outiller.

Jacob, assis à son pupitre, regarde les élèves autour de lui qui s’installent avec leur cahier de mathématique. Après avoir passé un moment dans sa tête, où il pensait à la chicane qu’il venait de vivre à la maison, à toutes ses peurs face aux conséquences de ce qu’il vit, il comprend alors qu’il doit s’installer et faire comme les autres. Il se dit : « Ah non, pas les maths, je suis tellement poche, je comprends rien, même quand je travaille fort, c’est décourageant... Si je pouvais aller jouer ou avoir une pause! » Il sent alors une agitation en lui qui le pousse à bouger, ce qui amène l’enseignante à lui demander de se calmer. Mais plus il essaie d’être assis calmement, moins il y arrive, ce qui le décourage encore plus. Il se sent encore moins capable, ce qui entraîne un deuxième avertissement… L’enseignante se demande s’il ne fait pas exprès… Mais Jacob sait qu’au troisième avertissement il aura une conséquence... encore une! Alors, là, l’anxiété est à son comble, et il n’y a plus de place pour apprendre, car son cerveau est rempli d’émotions diverses (peurs, tension, colère, impuissance).

Une réalité répandue

Vous pensez que cette histoire de cas est exagérée? C’est pourtant une réalité pour plusieurs enfants. Même qu’environ 32 % des enfants de 5 à 14 ans présentent des troubles émotifs, psychologiques ou de comportement. L’anxiété, l’estime de soi, la confiance en soi et les émotions jouent sur le cerveau de l’enfant, le rendant disponible ou non à recevoir des informations et à les retenir.

Nous savons tous depuis fort longtemps qu’un enfant qui vit des difficultés importantes à la maison (négligence, abus) est plus à risque de vivre des difficultés d’apprentissage. Mais quand les difficultés ne sont pas si dramatiques, qu’elles se vivent dans de nombreuses familles (une séparation, par exemple) ou qu’elles font partie du développement normal de l’enfant (anxiété passagère, besoin d’affirmation), c’est souvent plus difficile pour les adultes de se mettre à la place de l’enfant et de comprendre ce qu’il vit émotionnellement.

Le développement des technologies nous entraîne dans un monde de rapidité et nous oublions que le développement de la maturité de l’enfant et ses souffrances émotionnelles ne se règlent pas aussi rapidement. Les émotions et l’apprentissage de l’enfant confrontent les adultes à l’impuissance. Ce sentiment très désagréable pousse l’adulte qui aime l’enfant à vouloir faire quelque chose plutôt que de chercher à comprendre le besoin de l’enfant ou ce qu’il exprime à travers ses difficultés d’apprentissage.

Nous sommes portés à poser hâtivement un diagnostic* sur une souffrance qui pourrait être passagère (anxiété, tristesse, deuil, déprime) pour vite trouver une solution et un médicament pouvant l’aider. Je ne suis pas contre la médication; je pense qu’il faut bien évaluer la situation et réfléchir plutôt que de se lancer rapidement dans une solution qu’on croit miraculeuse et qui ne le sera pas.

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Trouver la source du problème

Nous aurons beau développer des outils pour aider l’enfant à apprendre, si on ne travaille pas à la source du problème, celui-ci risque de s’amplifier ou de se déplacer. Je vous propose de prendre le temps de vous arrêter afin de réfléchir à la situation et à l’enfant pour essayer d’en saisir la source. Voici quelques pistes de réflexions :

  • L’enfant dans sa famille : a-t-il vécu des changements ou des événements stressants dans la dernière année (voir les échelles de stress) qui peuvent l’affecter (déménagement, séparation, nouveau membre de la famille, maladie, décès, mariage, etc.)?
  • L’enfant à l’école : comment est son réseau d’amis? Comment se passent ses journées? Quel lien a-t-il avec son enseignant? Se sent-il aimé et apprécié? A-t-il du temps pour extérioriser ce qu’il vit (récréation, dessin, jeux, etc.)?
  • L’enfant lui-même : a-t-il un blocage émotionnel ou dans son développement qui l’empêche de devenir plus mature et d’apprendre? A-t-il du temps pour des jeux libres? A-t-il l’occasion d’extérioriser les tensions de sa journée? A-t-il des besoins qui ne sont pas pris en compte?

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter le livre L’enfant dérangeant.

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* Le terme «diagnostic» est utilisé dans ce dossier et les textes associés pour faciliter la compréhension. Au Québec, la loi réserve cet acte aux médecins. Dans le cas des orthophonistes, des orthopédagogues et des psychologues, le terme «conclusion professionnelle» ou «évaluation professionnelle» est généralement utilisé.

À retenir

  • L’enfant ayant une difficulté d’apprentissage peut se sentir stressé, découragé et incompétent.
  • Près d’un tiers des enfants de 5 à 14 ans présentent des troubles émotifs, psychologiques ou de comportement.
  • Trouver la source d’une émotion négative peut aider l’enfant à mieux gérer son trouble d’apprentissage.

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