Résoudre les conflits familiaux de manière pacifique

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Dans cette période de confinement à la maison les conflits familiaux sont inévitables. Même pour les familles tricotées serrées partager l’espace et l’air que l’on respire avec nos proches peut parfois peser lourd et la discorde peut s’installer. Voici une méthode de résolution de conflits pour éviter cris et les larmes!

Pourquoi des conflits?

Réglons une question d’emblée. Les conflits interpersonnels sont normaux et permettent de développer une panoplie d’habiletés sociales, comme s’affirmer et prendre sa place, tout en permettant d’enrichir la relation entre les deux personnes impliquées¹. Une problématique survient lorsqu’un conflit demeure non résolu (non réglé) ou que sa résolution occasionne davantage de négatif (regrets, rupture du lien, etc.) que de positif (soulagement, mieux se connaître, etc.). Le défi est de résoudre les conflits interpersonnels et non pas de les éviter!

Les conflits familiaux

La famille est ainsi un milieu propice pour cet apprentissage complexe et universel. Par définition, un conflit familial² survient lorsque notre but personnel (ou un besoin) empêche l’atteinte du but de quelqu’un d’autre³.

Par exemple: si un enfant est en conflit avec sa mère parce qu’il laisse traîner ses vêtements, le but de l’enfant (ne pas perdre de temps à ranger pour avoir plus de temps pour jouer : besoin de plaisir) s’oppose à celui de sa mère (maintenir l’ordre dans la maison : besoin de plaisir ou de pouvoir).

Dans le contexte familial, la plupart des conflits entre le parent et l’enfant tournent autour du respect des règles établies.

Selon l’âge du jeune, il importe donc que le parent décide des règles qui sont NON négociables et de celles qui sont négociables.

Ces dernières peuvent ainsi faire l’objet d’un processus de résolution de conflit pacifique pour mieux répondre aux besoins respectifs.

Résoudre des conflits familiaux de façon pacifique

Avant de commencer ce processus, il faut s’assurer que l’endroit est adéquat et que le temps disponible est suffisant (au moins 30 minutes). Le parent agit en tant que modèle pour son enfant en restant objectif et ouvert d’esprit. Le parent peut aussi guider les frères et sœurs à régler leurs différends à l’aide de cette méthode.

Étape 1 : Réviser les règles. Si une des parties n’est pas d’accord, la résolution de conflit est remise à un autre moment.

  • Rester calme tout au long de la séance et en maîtrise de ses émotions.
  • Écouter le point de vue de l’autre sans l’interrompre.
  • S’en tenir au sujet présent (un conflit à la fois) et ne pas revenir sur le passé.
  • Suggérer autre chose lorsqu’on est en désaccord (il ne faut pas seulement refuser ce qui est proposé).

Étape 2 : Définir le conflit chacun de son côté en s’assurant :

  • D’utiliser le JE pour décrire la situation problématique (QUAND JE…), de nommer l’émotion vécue (comment JE ME SENTAIS au moment du conflit), d’expliquer la raison de son sentiment (PARCE QUE…) et de préciser le souhait pour se sentir mieux (J’AIMERAIS…);
  • De ne pas attaquer l’autre. Il faut éviter « le tu qui tue »;
  • De décrire ses propres actions ayant contribué au conflit.

Étape 3 : Exprimer sa vision du conflit à tour de rôle, en commençant par le jeune.
On peut demander à l’autre de reformuler dans ses propres mots sa vision afin de vérifier sa compréhension. Si d’autres problèmes sont soulevés, ils devront être réglés ultérieurement.

Étape 4 : Définir ensemble le problème à résoudre.
L’idée est d’arriver à un consensus sur la nature du conflit et sur le conflit à résoudre. En se concentrant sur les zones d’accord, chacun formule le problème qui doit être résolu. Par exemple: vous êtes tous d’accord qu’il y a trop de tâches à faire pour le temps disponible.

Étape 5 : Rechercher des solutions en pensant à toutes les options possibles sous forme de remue-méninge (brainstorming).
Il est préférable d’émettre à tour de rôle une idée afin que chacun participe. Plus on a d’idées, plus on a de chances de trouver la bonne solution. Il faut aussi se rappeler qu’une idée suggérée n’est pas nécessairement une idée adoptée. Ce remue-méninge doit respecter les règles suivantes :

  • La critique est interdite;
  • Toutes les idées sont admises, car chacune peut servir de germe à une autre;
  • On doit viser la quantité.

Étape 6 : Évaluer les idées émises et choisir la meilleure solution.
Lorsqu’un nombre suffisant d’idées a été suggéré, le parent et le jeune discutent de toutes les solutions trouvées et choisissent la meilleure ou une combinaison de plusieurs options. Une solution satisfaisante optimise les conséquences positives pour chacun, minimise les conséquences négatives et demeure réaliste. La solution choisie doit plaire à tous, et être efficace et réaliste (PER)*.

Étape 7 : Établir le plan d’action pour mettre en application la meilleure solution, qui comprend :

  • Les actions concrètes qui seront réalisées et les rôles de chacun (qui fera quoi, quand, comment et où);
  • Le moment où l’on évaluera son efficacité (au moins deux semaines de mise en place);
  • Les difficultés et des moyens de les contourner;
  • Une solution de rechange dans l’éventualité où la solution choisie ne fonctionnerait pas.
Il est essentiel de rappeler que les conflits interpersonnels ont leur importance dans le développement psychosocial de la personne et que la famille est un excellent terrain de jeu pour s’y exercer.

Les chicanes familiales ne signifient pas que les personnes impliquées ne s’aiment pas, mais permettent à la résolution pacifique de conflits de se déployer.

À retenir

  • Les conflits permettent d’apprendre à s’affirmer et à prendre sa place.
  • La famille est un milieu de vie propice à l’apprentissage de la résolution de conflits.
  • La méthode en 7 étapes permet de régler les conflits familiaux de manière pacifique.

Références

  • 1. Gagnier, N. (2008). C’est pas moi, c’est lui! Les relations fraternelles et les défis particuliers aux enfants uniques, Montréal, Les éditions La Presse.
  • 2. Le contenu est tiré et adapté de Massé, L., Verreault, M., et Verret, C. (2011). Mieux vivre avec le TDA/H à la maison, Montréal, Chenelière Éducation.
  • 3. Johnson, D. W. (1993). Reaching Out : Interpersonal Effectiveness and Self-Actualization, Englewood Cliffs, NJ, Prentice-Hall Inc.
  • *Verret, C., et Massé, L. (2017). Gérer ses émotions et s’affirmer positivement, Montréal, Chenelière Éducation.

— Dernière mise à jour: 22 Décembre 2017

L'auteur

Psychologue

Dre Martine Verreault est psychologue à la Clinique de psychologie Jeunes ÊTRE située à Châteauguay et chargée de cours universitaire. Depuis sa thèse doctorale, les interventions proposées par Dre Verreault promeuvent le plein épanouissement des jeunes et soulignent l’importance de l’implication active de leurs parents, leur entourage familial ainsi que leurs différents milieux de vie. Son expertise clinique met en lumière l’influence de la comorbidité sur l’efficacité des traitements offerts. Dre Verreault est auteure de publications consacrées au TDAH et à l’anxiété et est régulièrement invitée à présenter ses pratiques cliniques sur diverses tribunes.

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