Enseigner la résolution de conflits à son enfant

3 à 17 ans
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À l’école comme à la maison, les conflits sont inévitables dans la vie en société. Comment pouvez-vous outiller votre enfant pour l’aider à les résoudre avec maturité?

Si vous vous attendez à trouver LA solution aux conflits, cet article risque de vous décevoir… Ceux qui me connaissent savent que je ne crois pas à une seule et unique méthode pour tous, mais bien au pouvoir de réflexion des parents sur eux-mêmes par rapport à leur enfant. C’est souvent plus rassurant de trouver une méthode et de l’appliquer. Cela semble plus rapide en apparence, mais à long terme, c’est plus avantageux de chercher SA propre méthode adaptée à son enfant. Je vous propose d’y réfléchir ici ensemble.

Première réflexion : les enfants nous imitent

Avec l’étude du cerveau par les neurosciences, nous savons qu’il existe des neurones miroirs. Pour expliquer leur fonctionnement de façon élémentaire, disons qu’il s’agit de l’apprentissage par imitation. Les enfants reproduisent davantage ce qu’ils voient que ce qu’ils entendent. Rappelez-vous l’adage : «Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais.» Eh bien, c’est le contraire qui se passe avec les enfants! Quel est le lien avec la résolution de conflits, me direz-vous?

En fait, le parent est le premier modèle pour l’enfant, donc pour l’enseigner, il faut l’appliquer.

Réfléchissez à votre façon de régler un conflit avec votre enfant, votre conjoint(e), un ami, un collègue. Qu’est-ce que cela enseigne à votre enfant? Que peut-il y garder de bon et de moins bon? Puis, avec ce qu’il y a de moins bon, mettez-vous au défi de l’améliorer avec votre enfant.

Deuxième réflexion : développez la capacité réflexive de votre enfant

Nous savons également que de développer la capacité réflexive chez l’enfant (réfléchir avant d’agir) diminue l’impulsivité, l’hyperactivité et les troubles de comportement qui peuvent conduire aux conflits. Agissons donc à la base en développant cette capacité chez l’enfant. Mais comment? Lorsque vous réfléchissez et cherchez à comprendre ce que vit votre enfant et ce qu’il tente d’exprimer derrière un comportement( ses besoins ou ses émotions), vous êtes en train de l’aider à développer sa capacité réflexive à votre insu. Il existe aussi d’autres moyens, comme lui poser des questions pour voir ce qu’il comprend d’une situation, lui demander ce qu’il imagine comme réponse à ses questions ou ce qu’il pense d’un film, d’un livre ou de toute autre situation.

Troisième réflexion : réagissez sainement aux émotions

Comment réagissez-vous aux émotions de colère, de peine, de jalousie (principales émotions à la base des conflits)? Si l’adulte a de la difficulté avec une de ces émotions, il est possible que sa réaction amplifie le conflit chez l’enfant et rende plus difficile la résolution ou encore qu’il soit démuni lors d’un conflit. Ici, il faut distinguer le comportement de l’émotion. En ce sens, toutes les émotions sont saines, mais c’est la façon de l’exprimer qui doit être adaptée : « Tu es fâché, tu as le droit de l’être et de le dire, même de monter le ton. Mais on ne frappe pas. » C’est pour le comportement qu’il faut mettre une limite et la respecter aussi pour soi.

Pour résoudre un conflit, il faut d’abord écouter

En effet, l’écoute est primordiale. Il faut écouter ce que l’autre a à dire sans répliquer, recevoir ce qui est dit et tenter de s’oublier un instant pour se mettre à la place de l’autre (souvent plus facile à dire qu’à faire !). On peut ensuite confirmer qu’on a entendu l’autre et valider son émotion : « Tu es jaloux parce que tu aurais aimé ça, toi aussi, c’est vrai que ça peut donner envie… ». Et quand l’émotion est trop forte ou que l’enfant n’arrive pas à voir clair, d’autres moyens existent pour diminuer la « pression dans le presto » : dessiner, aller courir ou se défouler dans un sport (frapper des balles, par exemple), écrire tout ce qui vient en tête, écouter de la musique, etc. Par la suite, quand la pression a diminué, ce sera plus facile de réfléchir pour revenir sur la situation.

Voici un lien vers une vidéo intéressante qui peut aider à résoudre des conflits ou à exprimer la colère : https://www.youtube.com/watch?v=9aONSCU9v_w

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous suggère aussi les livres L’enfant dérangeant et La famille et les parents d’aujourd’hui : la communication parents et enfants ainsi que le Jeu de cartes sur la connaissance de soi: https://multiressourcesquebec.com/boutique

Bonne réflexion et bonne résolution de conflits!

À retenir

  • Il n’y a pas de solution unique pour résoudre les conflits.
  • Les enfants apprennent par imitation et calquent souvent notre manière de résoudre des conflits.
  • Poser des questions à notre enfant développe sa capacité réflexive.
  • En faisant la distinction entre le comportement et l’émotion, on peut réagir sainement aux émotions.
  • L’écoute demeure primordiale dans la résolution de conflits et permet de se mettre à la place de l’autre.

— Dernière mise à jour: 11 janvier 2018

Biographie

Psychologue et chargée de cours

Nathalie Parent est psychologue et chargée de cours à l’Université Laval depuis 2001, formatrice et conférencière depuis 1996, en plus d’être l’auteure de livres, textes et articles en collaboration avec différents médias, dont le Journal de Montréal et de Québec. Psychothérapeute en bureau privé auprès des enfants, adolescents, adultes, couples et familles, elle est aussi superviseure clinique et co-fondatrice de Multi Ressources Québec.

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