Que faire lorsque mon enfant se préoccupe de son corps et de la nourriture?

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À l’approche de l’adolescence, nombreux sont les jeunes qui se soucient de plus en plus de leur apparence. Mais quand cette préoccupation devient malsaine, elle peut avoir des effets physiques et psychologiques dommageables. Quand doit-on agir et que faire?

Les préoccupations à l’égard du poids et de la nourriture peuvent avoir un impact important sur la santé physique et mentale, et les enfants et adolescents n’y échappent pas. L’insatisfaction à l’égard de l’apparence est liée à une diminution de l’estime de soi, ainsi qu’à l’adoption de conduites dommageables et de méthodes néfastes de contrôle du poids, tels des régimes à répétition, de la privation et des compulsions alimentaires. Bien que certaines difficultés puissent demeurer au stade des préoccupations, d’autres peuvent entraîner des conséquences plus sérieuses, comme un trouble de la conduite alimentaire.

Quelques statistiques sur les troubles alimentaires :

- 34 % des adolescents et plus de 40 % des adolescentes de niveau secondaire sont insatisfaits de leur image corporelle et affirment vouloir modifier leur apparence.
- L’anorexie, la boulimie et les troubles de l’alimentation non spécifiés de forme moins sévères touchent jusqu’à 100 000 femmes et filles au Québec (Douglas).
- Les troubles alimentaires occupent le troisième rang des maladies chroniques les plus communes chez les adolescentes (Canadian Pediatric Society).

Comment reconnaitre les signes de préoccupations alimentaires et corporelles chez votre enfant?

Voici quelques éléments qui peuvent indiquer la présence de préoccupations.

Votre enfant présente des comportements inhabituels envers la nourriture :

  • Il contrôle ses portions, il ressent de la culpabilité en mangeant;
  • Il catégorise des aliments comme « mauvais » ou « interdits »;
  • Il saute des repas, compte les calories ingérées ou se renseigne sur les valeurs nutritionnelles de ce qu’il mange;
  • Parfois, l’enfant évite les repas en famille ou les activités qui impliquent de la nourriture;
  • Il s’isole et invoque des raisons pour ne pas manger avec le reste de la famille.

Vous observez des changements dans son humeur :

  • Il semble plus triste, fatigué ou irritable;
  • Il peut également présenter des changements d’humeur soudains, surtout lorsque le sujet de l’alimentation est abordé.

Il présente des fragilités sur le plan de l’estime de soi et de l’image corporelle : votre enfant accorde une importance exagérée au poids et à la minceur. Par exemple:

  • Il se critique, se compare à des standards irréalistes;
  • Il parle de ses insatisfactions corporelles;
  • Il nomme des parties de son corps qu’il n’aime pas ou ne perçoit pas son corps tel qu’il est réellement;
  • Il peut également mentionner qu’il souhaiterait perdre du poids.

Votre enfant modifie ses habitudes de vie. Par exemple, on peut observer :

  • Une diminution des activités consacrées aux loisirs et aux pairs;
  • Des efforts importants investis dans le contrôle du poids, à travers les pratiques sportives, par exemple;
  • Une variation rapide de son poids.

Que faire devant ces préoccupations alimentaires et corporelles?

On remarque que face à ces changements et ces préoccupations, les parents ressentent de l’incompréhension et de l’impuissance. Sachez que les causes de ces inquiétudes à l’égard du poids et des perturbations alimentaires sont multiples. Elles ne reposent pas sur l’influence d’un seul facteur, mais bien d’un ensemble de facteurs qui peuvent être génétiques, psychologiques, sociaux et culturels. Vous pouvez toujours exercer une influence positive sur l’adoption de saines habitudes alimentaires et sur la satisfaction corporelle de votre enfant.

Vous pouvez montrer l’exemple en acceptant votre corps tel qu’il est et en le valorisant pour ce qu’il vous permet d’accomplir au quotidien.

Pour ce qui est de l’alimentation : flexibilité et équilibre!

  • Optez pour des repas variés et nutritifs, incorporant plaisir et moments en famille.
  • Évitez de parler de régimes ou de faire des commentaires sur votre poids ou celui des autres.
  • Vous pouvez également encourager votre enfant à percevoir la nourriture comme de l’énergie pour un corps vif et en santé!

Lorsque les difficultés perdurent

Si vous remarquez que ces comportements augmentent en intensité et perdurent, il peut être pertinent d’aller chercher de l’aide et de considérer des ressources spécialisées. Prendre en charge les difficultés rapidement peut prévenir les complications et augmenter les chances de rémission dans le cas de troubles de la conduite alimentaire.

Voici quelques astuces pour accompagner votre enfant dans sa démarche :

Bien souvent, le réflexe est de mettre l’accent sur la nourriture ou sur le poids, alors que ces commentaires sont à éviter. Cela risque plutôt d’augmenter l’anxiété chez votre enfant et de l’amener à se refermer.

  • Optez plutôt pour une communication honnête de vos inquiétudes face aux comportements présentés, sans tenter de les contrôler. Ne soyez pas surpris si vous vous heurtez à de fortes réactions de la part de votre enfant, car cela arrive fréquemment.
  • Encouragez-le à obtenir de l’aide et à consulter un professionnel. Il peut être bien de suggérer qu’il s’agit d’un service pour lui, où il pourra parler de ses émotions et de ses difficultés quotidiennes.
  • Incitez-le à participer à des activités non liées à la nourriture avec vous. Conservez autant que possible les habitudes familiales et les repas à table en famille.

Et vous?

Chaque famille a sa propre façon de composer avec les situations difficiles. Accompagner votre enfant peut être difficile. Souvent, les parents se sentent peu outillés et isolés pour résoudre ces problèmes complexes et ont besoin de soutien émotionnel. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide dans des ressources spécialisées, afin de vous confier, de partager vos préoccupations et d’obtenir de l’information et des outils de qualité.

Ressources

Clinique Psychoalimentaire:  Clinique ayant pour mission d’aider et soigner avec respect et sensibilité la personne souffrant d’un trouble alimentaire ou d’obésité ainsi que sa famille et ses proches et ce, tout au long de son processus de guérison et d’amélioration de sa santé et sa qualité de vie en étant soutenues par une équipe multidisciplinaire spécialisée.  http://psychoalimentaire.com/

ÉquiLibre : la mission de cet organisme est de « prévenir et diminuer les problèmes reliés au poids et à l’image corporelle dans la population, par des actions encourageant et facilitant le développement d’une image corporelle positive et l’adoption de saines habitudes de vie. »   http://www.equilibre.ca/

ANEB Québec : organisme offrant des services gratuits aux personnes souffrant de troubles alimentaires, ainsi qu’à leurs proches. http://anebquebec.com/

Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine : clinique de médecine de l’adolescence (12-17 ans). https://www.chusj.org/soins-services/M/Medecine-de-l-adolescence

OPQ : Ordre des psychologues du Québec.  http://info.ordrepsy.qc.ca

À retenir

  • Plus d’un tiers des adolescentes et adolescents sont insatisfaits de leur image corporelle et affirment vouloir modifier leur apparence.
  • Des comportements inhabituels envers la nourriture, des changements d’humeur, une importance exagérée au poids et à la minceur et une modification de ses habitudes de vie peuvent être des signes de préoccupations alimentaires et corporelles chez votre enfant.
  • Les parents peuvent montrer l’exemple en acceptant leur corps tel qu’il est et en le valorisant pour ce qu’il leur permet d’accomplir au quotidien.
  • Bien souvent, le réflexe est de mettre l’accent sur la nourriture ou sur le poids, alors que ces commentaires sont à éviter.

Références

  • Camirand, H., L. Cazale, et M. Bordeleau (2015). Les élèves du secondaire sont-ils satisfaits de leur apparence corporelle? Zoom santé, Institut de la statistique du Québec.
  • Gagnier N., et M. Gehami (2015). J’aime pas ça, j’en veux encore. Astuces et solutions pour des comportements alimentaires sains, Les éditions La Presse.
  • Herrin, M., et R. Matsumoto (2007).The parent’s guide to eating disorders, Les éditions Gürze Books, CA.

— Dernière mise à jour: 11 janvier 2018

Biographie

B.Sc., M.Sc. Ps. éd. - Psychoéducatrice

Marie-Alexandre a poursuivi ses études universitaires en psychologie à l’Université de Montréal et complété une maitrise en psychoéducation. Au cours de son parcours, elle a accumulé plusieurs expériences en milieu clinique et en recherche auprès d’une clientèle variée (0-12 ans, familles et adultes). Elle a œuvré dans le milieu communautaire, ainsi que dans des Centres Jeunesses de Montréal. C’est au cours de son cheminement en psychologie qu’elle a développé un vif intérêt pour les troubles de la conduite alimentaire et les difficultés dans le rapport à soi et au corps. À l’obtention de son diplôme, elle s’est impliquée auprès d’Anorexie Boulimie Québec en tant qu’intervenante pour la ligne d’écoute et anime actuellement des groupes de soutien au sein de l’organisme. Marie-Alexandre place l’individu au centre de sa démarche et propose l’alliance thérapeutique comme étant à la base de tout changement. À son avis, être psychoéducatrice requiert des aptitudes précises pour initier le changement et accompagner le client, dans le respect de sa personne. Par accompagnement, elle entend la compréhension de l’individu dans son ensemble et le respect de son rythme. Avec authenticité et empathie, elle apporte une approche essentielle au sein de la clinique Psychoalimentaire de Montréal.

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