Stratégies pour aider son enfant à gérer son stress et son anxiété

Tout d’abord, il est important d’aider votre enfant à reconnaître que ce qui le fait souffrir se nomme « stress » ou « anxiété ».

Le stress et l’anxiété: de grands mots pour bien des maux!
Oui: nos enfants peuvent en souffrir.
Et c’est tellement déchirant pour un parent de voir son enfant ainsi! 

Le saviez-vous?
On estime qu’au Québec, 1 enfant sur 5 souffrirait d’une forme ou d’une autre de trouble mental, ce qui équivaut à plus de 250 000 enfants et jeunes.

Qu’en est-il de votre enfant? Est-ce qu’il:

  • Vit une peur qui le paralyse ou l’empêche de s’épanouir? Par exemple: aller dormir chez un ami, faire une présentation orale, la nouveauté et les imprévus en général, vomir, les mascottes, etc.
  • A de la difficulté à s’endormir parce qu’il pense trop?
  • Fait des crises sans raison apparente?
  • A besoin d’être rassuré très souvent?
  • Somatise, c’est à dire qu’il répond physiquement à un stress psychologique? Par exemple: avoir souvent mal au ventre, à la tête, ou au cœur.
  • Donne une autre image de lui à l’école: son enseignante vous affirme qu’elle aimerait bien avoir 30 élèves comme lui, mais son comportement à la maison pourrait la surprendre?

Que vous ayez reconnu votre enfant ou non dans ces descriptions, cet article s’adresse à vous. Vous connaissez le dicton : mieux vaut prévenir que guérir! Donc voici des stratégies concrètes afin d’aider votre enfant à mieux gérer son stress et son anxiété.

Apprendre à se connaître

Tout d’abord, il est important d’aider votre enfant à reconnaître que ce qui le fait souffrir se nomme « stress » ou « anxiété ». Avisez-le qu’il n’est pas le seul à en ressentir, que d’autres enfants en vivent et que vous aussi, parfois, vous en vivez. Faites-lui comprendre que cela fait partie de la vie!

Vous pourriez lui expliquer que notre corps a un « système d’alarme » qui se déclenche lorsque nous ressentons une peur, une inquiétude. C’est cette alarme qui nous fait avoir mal à la tête ou au ventre, qui nous donne le goût de vomir, qui nous fait plisser le front et qui nous fait ressentir une boule qui nous étouffe au niveau de la poitrine. Faites-lui comprendre que c’est lorsque notre corps nous envoie ces signaux qu’il faut utiliser des stratégies pour se sentir mieux.  

Utiliser la respiration abdominale

Cette technique de respiration est citée par plusieurs auteurs et les chercheurs (dont Mme Sonia Lupien, Directrice du Centre d’études sur le stress humain et auteure du livre « Par amour du stress ») comme étant la méthode la plus rapide et efficace afin de faire diminuer les effets du stress et de l’anxiété dans notre corps. Voici comment faire:

  • Inspirez par le nez.
  • Gonflez votre ventre en premier.
  • Libérez tranquillement l’air par la bouche en faisant dégonfler votre ventre.

Ainsi le diaphragme, qui se situe sous les poumons, se tend et déclenche le système nerveux parasympathique qui est responsable, entre autres, du ralentissement de la fréquence cardiaque. C’est ce système qui est déclenché lorsqu’un bébé suce son pouce et se calme.

En considérant que c’est en se pratiquant qu’on devient meilleur, je vous suggère de pratiquer ce genre de respiration avec votre enfant lors du coucher, ou à tout autre moment calme que vous passez ensemble. Ainsi, votre enfant se sentira compétent pour utiliser cette technique lorsqu’il en aura réellement besoin.

Parler à sa peur

En apprenant à se connaître, votre enfant découvrira les signes de stress ou d’anxiété dans son corps. Dès les premiers signes, une des stratégies efficaces est de parler à sa peur ou à son inquiétude:

  • “Va-t’en! Je sais que c’est toi qui veux m’empêcher d’aller dormir chez mon ami!”
  • “Allez, ouste!”
  • “Non, non, non! Il n’y a pas de place pour toi ici!”

Outiller son enfant

En tant que parent, vous pouvez également :

  • Démontrer à votre enfant qu’il est « normal » en lui disant : « Tu as le droit d’avoir peur !»
  • Diminuer ses activités parascolaires : il arrive que certains enfants aient trop d’obligations à l’horaire. Il est important de leur apprendre à respecter un rythme qui leur convient.
  • Accompagner votre enfant à affronter graduellement une peur, un pas à la fois, en respectant son rythme. Comme le mentionne Dr Nadia Gagnier dans son livre « Maman j’ai peur, chéri je m’inquiète », il ne s’agit pas d’un mythe: affronter ses peurs est bel et bien une solution efficace!
  • Respecter la peur et les inquiétudes de votre enfant. Même si parfois ses peurs vous semblent démesurées ou insignifiantes, rappelez-vous que pour votre enfant, cela est vraiment « épouvantable ».    

Finalement, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé si le stress et l’anxiété arrivent à prendre le dessus. Lorsque la vie de famille est affectée (s’empêcher de faire des sorties, par exemple) ou que notre enfant voit son sommeil troublé, ses relations amicales affectées ou sa présence à l’école compromise, il faut aller chercher de l’aide. Ça aussi, ça fait partie des stratégies!    

À retenir

  • Il est important d'aider son enfant à reconnaître que ce qui le fait souffrir se nomme "stress" ou "anxiété.
  • La respiration abdominale est la méthode la plus rapide et efficace pour diminuer les effets du stress.
  • Quand votre enfant ressent les signes du stress, il peut prendre soin de parler à sa peur.
  • Rappelez à votre enfant qu'il est "normal" et qu'il a le droit d'avoir peur.
  • Assurez-vous de respecter un rythme de vie qui convient à votre enfant.

Références

  • Fondation Les petits Trésors de l’Hôpital Rivière-des-Prairies
  • BESNER, Chantal « L’anxiété et le stress chez les élèves » Chenelière Éducation, 2016, p.122

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